Modifié le 22 avril 2016 à 12:01

Les allées et venues à Genève de dictateurs annoncées sur Twitter

Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale, vient fréquemment à Genève.
Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale, vient fréquemment à Genève. [Jérôme Leroy - AFP]
Deux Romands ont créé un compte Twitter qui traque les avions appartenant à des régimes autocratiques. Le "GVA dictateur alerte" annonce automatiquement sur le réseau social quand un appareil se pose à Genève.

Quel est le dernier appareil d'un régime dictatorial à avoir transité par Genève? D'après le "GVA Dictator Alert", il s'agit du jet Dassault 900B de Teodorin Obiang, fils du président de la République de Guinée équatoriale, mercredi.

C'est justement la famille Obiang, bannie des aéroports européens, qui a inspiré François Pilet. Lors d'une enquête pour L'Hebdo, le journaliste d'investigation a été "surpris par la fréquence" à laquelle les avions du régime effectuaient la navette entre la Guinée équatoriale et Cointrin. Il a alors développé le programme avec un proche informaticien.

Le but du compte? Rendre publique la présence des dictateurs à Genève. "Tout le monde est le bienvenu en Suisse pour les négociations internationales, et c'est très bien, mais c'est aussi un endroit qui abrite les fortunes de ces mêmes dictateurs", estime François Pilet. Il souligne l'importance de se demander, à chaque fois, pour quelle raison ils viennent à Genève.

vtom

Publié le 22 avril 2016 à 11:01 - Modifié le 22 avril 2016 à 12:01

Les avions de six gouvernements suivis

Pour l'instant, la base de données du "GVA Dictator Alert" compte une quinzaine d'avions appartenant à six gouvernements.

Il s'agit de l'Azerbaïdjan, la Biélorussie, le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Kazakhstan et la Libye.

"Nous voulons étendre le projet à d'autres pays et à d'autres avions, comme ces personnes utilisent souvent des jets privés".

Le projet, open-source, permet à toute personne intéressée d'y participer.