Modifié le 29 mai 2018 à 17:22

Les conseils pour faire face aux tiques et aux maladies qu'elles véhiculent

Affiche d'information et de prévention sur les tiques, en France.
Faut-il avoir peur des tiques? On en parle / 17 min. / le 29 mai 2018
Chaque année, plus de 10'000 personnes contractent la maladie de Lyme après une piqûre de tique. Comment se protéger de ces acariens? Comment les retirer efficacement? Réponses dans l'émission On en parle de la RTS.

Avec le retour du printemps, les tiques reviennent hanter les consciences. Et pour cause: entre 30% et 50% de ces petites bêtes sont porteuses de maladies telles que l'encéphalite ou la borréliose (maladie de Lyme).

Où se cachent les tiques?

Ces acariens sont présents partout en Suisse, en dessous de 1500 mètres d'altitude. "On les trouve sur les bords des chemins, dans les buissons, ainsi que dans les clairières au bout des herbes hautes", rapporte Anita Comba, responsable pour la Suisse romande de la Ligue suisse des personnes atteintes de maladies à tiques (LMT). A noter que, contrairement à ce que dit la croyance populaire, les tiques ne tombent pas des arbres.

Si la borréliose est présente sur tout le territoire, seules certaines zones du pays sont considérées à risque pour l'encéphalite à tiques. Il s'agit surtout de la région de Zurich et de la Suisse orientale. En Suisse romande, la rive sud du lac de Neuchâtel et du lac de Bienne ainsi que la région de Morat sont les plus concernées, tout comme la région d'Yverdon-les-Bains et certaines zones de la vallée du Rhône en Valais.

Zones encéphalite à tiques:

L'auto-examen de la peau

Afin d'éviter tout risque d'attraper un virus, le directeur de l'Institut de microbiologie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) Gilbert Greub conseille de faire un simple auto-examen de la peau après une journée d'activité à l'extérieur.

Gilbert Greub.

Il n'y a pas besoin d'examiner son enfant chaque demi-heure

Gilbert Greub

"Il n'y a pas besoin de se stresser et examiner son enfant chaque demi-heure lorsqu'on est en forêt", relativise-t-il. "Le risque de transmission de la maladie de Lyme est relativement faible dans l'immédiat. Le risque augmente avec la durée du repas de la tique qui peut atteindre jusqu'à une semaine."

En ce qui concerne l'encéphalite à tique, ce virus se transmet immédiatement car il est contenu dans le rostre de l'animal, c'est-à-dire la partie de la tête qui pénètre dans la peau.

Retirer la tique doucement

Ce sont surtout les zones chaudes et humides sur le corps qu'il faut inspecter, notamment l'arrière des genoux, l'aine, les aisselles, l'arrière des oreilles ou encore le cuir chevelu.

"Il faut retirer la tique dès le moment où vous la voyez", insiste Anita Comba. Il est possible de le faire directement avec les ongles ou des pinces spéciales, disponibles en pharmacie. Il suffit de saisir la tique et la tirer vers le haut: "Evitez de l'arracher brusquement car le rostre risque de rester dans la peau", précise la responsable de la LMT.

Vaccins et répulsifs

Alors qu'il n'existe pas de vaccin contre la borréliose, il est à l'inverse possible de s'immuniser contre l'encéphalite à tique. "C'est un vaccin qui est très recommandé pour les personnes qui ont des activités régulières en plein air dans les zones à risque. Ce virus peut causer une maladie relativement rare mais potentiellement sévère, avec une atteinte du système nerveux central", prévient Gilbert Greub.

Le vaccin contre l'encéphalite est d'autant plus recommandé qu'il n'existe pas de traitement antibiotique pour cette maladie, puisqu'il s'agit d'un virus et non d'une bactérie.

Par ailleurs, les sprays répulsifs sont également une option conseillée par les spécialistes, même s'ils ne sont pas aussi puissants: "Ils sont efficaces quelques heures. Il faut donc répéter leur application", explique Anita Comba.

20% de borrélioses non guéries

Sur les quelque 10'000 personnes traitées chaque année en Suisse pour la borréliose, environ 20% ne sont pas guéries après leur traitement antibiotique, selon la LMT. Cette maladie se manifeste notamment par de grandes fatigues, des manques de concentration, des pertes d'équilibre ou des inflammations articulaires et musculaires.

"Certaines personnes qui n'ont pas vu la tique, se rendent compte six mois ou une année après la piqûre que leur santé s'est dégradée", rapporte Anitan Comba. "Lorsqu'elles font des tests médicaux, ceux-ci ressortent négatifs car ils ont été effectués trop tard. Du coup, ces patients se retrouvent souvent en situation d'errance médicale." (Lire aussi: Le couple infernal de la tique et de la maladie de Lyme chronique)

>> Les conseils à suivre en cas de piqûre

Les tiques en Suisse: l’analyse de Fanny Moille
19h30 - Publié le 25 mai 2018

>> Lire aussi: Les tiques ont causé un nombre record de cas de méningites en 2017

hend

Publié le 29 mai 2018 à 16:19 - Modifié le 29 mai 2018 à 17:22