Modifié le 13 avril 2018 à 15:29

Les solutions pour affronter le pollen et vivre avec les allergies

Avec le printemps arrive également le rhume des foins.
Les allergies au pollen arrivent On en parle / 10 min. / le 13 avril 2018
Avec le printemps, arrive le rhume des foins. Comment s'en protéger? Quels sont les moyens pour le soigner ou simplement vivre avec? L'allergologue Roland Oppliger répond aux questions de l'émission On en parle.

Ce week-end s'annonce radieux, avec des températures dépassant les 20 degrés par endroits, selon Météosuisse. Or les beaux jours s'accompagnent toutefois d'une haute concentration de pollens et, ainsi, d'une hausse des allergies, annoncent les prévisions polliniques.

Pour éviter de trop grandes réactions, Roland Oppliger donne quelques astuces simples à appliquer.

Eviter de sortir l'après-midi

L'allergologue conseille en premier lieu de ne pas sortir durant l'après-midi, ni en début de soirée. "Durant la journée, le temps s'assèche et, plus le temps est sec, plus il y a de pollens en suspension. Il faut donc faire ses activités plutôt le matin. Il faudrait éviter de manger le repas du soir dehors et il vaudrait mieux aérer sa chambre à coucher la nuit ou le matin."

Le spécialiste rappelle également de faire sécher son linge à l'intérieur plutôt que dans son jardin ou sur son balcon.

Connaître ses allergies

L'application "Pollen-News" développée par le Centre suisse pour l'allergie et Météosuisse permet de connaître les prévisions polliniques de sa région. Mais comment savoir à quelles poussières nous sommes allergiques?

"C'est souvent plusieurs pollens. Il faut effectuer des tests cutanés ou sanguins chez un allergologue ou un autre médecin qui pratique ce genre de tests", explique Roland Oppliger.

Roland Oppliger.

Il est possible d'avoir des symptômes sans être allergique au pollen

Roland Oppliger

Il est possible d'avoir les symptômes sans être allergique, précise-t-il: "On peut avoir des réactions lorsque la concentration de pollens est trop forte. Cela peut être simplement un effet irritatif."

Atténuer l'allergie

Pour réduire les réactions, il existe des anti-allergiques: "Dans un premier temps, un antihistaminique par voie orale est souvent suffisant, mais il faut parfois le combiner avec un traitement local et là, il y a une kyrielle de médicaments que l'on peut appliquer au niveau du nez ou des yeux."

Et, pour les personnes qui préfèrent les traitements naturels, d'autres alternatives sont possibles, comme l'extrait de feuille de pétasite. "C'est une plante de marécages qui a le même effet qu'un antihistaminique, mais qu'il faut prendre trois par jour au lieu d'une seule fois".

Guérir l'allergie

Le rhume des foins peut se guérir à condition de s'y prendre avant le printemps. "En automne, notre principale activité en tant qu'allergologue est la désensibilisation", rapporte Roland Oppliger. Celle-ci est réalisée à l'aide d'injections sous-cutanées, comme une sorte de vaccin. "On administre des doses croissantes de pollens pour que le corps n'y réponde plus de manière allergique et qu'il tolère l'exposition aux allergènes."

Le traitement dure trois ans pour les allergies au pollen, aux poils de chats et aux moisissures. "Pour les guêpes et les abeilles, précise le médecin, c'est cinq ans, voire toute la vie dans certains cas très spécifiques."

Lorsque vous avez le rhume des foins, vous avez entre 30 et 50% de chances de devenir asthmatique

Roland Oppliger

Et d'ajouter: "La désensibilisation a aussi un effet positif sur le risque d'asthme. Car, lorsque vous avez le rhume des foins, vous avez entre 30% et 50% de chances de devenir asthmatique. Et le fait de se désensibiliser permet de réduire ce risque à 6%, soit le risque de la population en général en Suisse."

A noter qu'une cure de désensibilisation peut coûter entre 2000 et 3000 francs. "C'est remboursé par la LAMal, donc il n'y a pas besoin d'avoir une couverture complémentaire."

Alternatives aux injections?

Des alternatives aux injections sont actuellement en développement pour traiter le rhume des foins. "Nous sommes toujours dans la phase de recherche. Mais les résultats sont très prometteurs. Il faudra compter entre 5 et 10 ans pour voir la mise sur le marché des patches", fait savoir Roland Oppliger.

De son côté, le spécialiste météorologique de la RTS Philippe Jeanneret met en garde contre le pollen ces prochains jours:

Propos recueillis par Didier Bonvin

Texte web: hend

Publié le 13 avril 2018 à 14:37 - Modifié le 13 avril 2018 à 15:29