Modifié le 27 juillet 2017 à 07:59

La pénurie de vaccins atteint des proportions inédites en Suisse

Pénurie de vaccins: les médecins doivent faire des choix
Pénurie de vaccins: les médecins doivent faire des choix 19h30 / 2 min. / le 26 juillet 2017
Les vaccins de routine sont en rupture de stock depuis plusieurs mois en Suisse. Médecins, pharmaciens et patients s'adaptent avec les moyens du bord et se retrouvent à devoir faire des choix.

Diphtérie, tétanos, poliomyélite ou coqueluche. Au total, seize vaccins sont actuellement en rupture de stock en Suisse, selon le dernier bulletin de l'Office fédéral pour l'approvisionnement économique du pays (OFAE). Et pour certains, cela dure depuis plusieurs mois.

Ces dernières années, les pénuries sont devenues récurrentes et l'inquiétude se fait sentir au sein du corps médical.

"Nous avons des pénuries chaque année", explique à la RTS Blaise Genton, chef du centre de vaccination de la Policlinique médicale universitaire (PMU) de Lausanne. "Mais celle de cette année est plus importante, car elle touche les vaccinations de routine du plan national. Elle concerne notamment les petits enfants et les femmes enceintes."

Des stratégies d'adaptation mises en place

Procéder à des achats à l'étranger, faire davantage de stocks, anticiper les pénuries et choisir les patients prioritaires: diverses stratégies d'adaptation existent. Mais face à une situation qui n'évolue pas, l'incompréhension domine.

"Nous avons parfois l'impression d'être relégués à un statut de pays du tiers-monde", confie dépité Cyril Stucki, responsable du secteur achat-distribution aux Hôpitaux universitaires genevois (HUG).

Parmi les raisons évoquées pour expliquer la pénurie: une demande de vaccins en hausse et un marché constitué d'un petit nombre de producteurs. Contacté par la RTS, GlaxoSmithKline (GSK), l'un des principaux fournisseurs de vaccins en Suisse, cite également le nombre croissant de tests de qualité qui doivent être effectués.

Le groupe espère combler le manque dans les années à venir, sans pouvoir donner de prévisions plus exactes.

Vers une centrale d'achats fédérale?

Autre élément d'explication, les cabinets médicaux et les hôpitaux suisses gèrent eux-mêmes leurs commandes et stocks de vaccins. Contrairement à d'autres pays européens, la Confédération n'a pas mis en place de centrale d'achats au niveau national.

La mesure permettrait notamment d'amender les groupes pharmaceutiques qui s'avèrent incapables de livrer les doses promises. Une solution qui intéresse l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Depuis les pénuries de 2015, la Confédération a toutefois pris deux mesures: la publication de toute pénurie de vaccins qui durera probablement plus de 14 jours et l'obligation pour les producteurs de soumettre les vaccins nécessaires au plan de vaccination suisse à un stockage. Une obligation qui n'a pas encore pu être respectée pour les vaccins en rupture de stock, explique GSK.

>> Les explications de Natalie Bougeard dans le 19h30:

Pénurie de vaccins: les explications de Natalie Bougeard
19h30 - Publié le 26 juillet 2017

Reportage de Natalie Bougeard

Adaptation web de Tamara Muncanovic

Publié le 26 juillet 2017 à 19:01 - Modifié le 27 juillet 2017 à 07:59