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Aglaé Tardin: "On ne sait pas de quoi seront faites les prochaines semaines" face au Covid

La médecin cantonale genevoise, Aglaé Tardin, commente la nouvelle hausse des cas de covid en Suisse. [RTS]
La médecin cantonale genevoise, Aglaé Tardin, commente la nouvelle hausse des cas de covid en Suisse. / 19h30 / 2 min. / le 24 juin 2022
La médecin cantonale genevoise Aglaé Tardin a fait un point de situation épidémiologique dans le 19h30. Le coronavirus circule rapidement, l’avenir est incertain, mais un signal est encourageant.

Elle souligne d’entrée de jeu que l’obtention d’informations est difficile, en raison d’un dépistage qui tourne au ralenti: "Toutes les personnes qui ont des symptômes ne sont plus systématiquement testées. Ce n’est pas suivi de mesures d’isolement. Le virus circule donc sans qu’on sache exactement où et comment", explique-t-elle.

Deux indicateurs permettent toutefois de dresser un tableau de l’épidémie: le taux de reproduction du virus dans les eaux usées et l’impact sur les structures hospitalières. "Ces deux choses-là sont en augmentation", avertit Aglaé Tardin. "Avec une petite note positive pour le taux de reproduction dans les eaux usées: il est certes encore au-dessus de 1 [ce qui signifie une évolution croissante, ndlr.], mais il semble amorcer une baisse, en tout cas une stagnation", observe-t-elle.

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Les deux sous-variants d’Omicron BA.4 et BA.5, désormais prédominants, provoquent une maladie "ni moins grave, ni plus grave, mais par contre plus contagieuse", précise la doctoresse.

L'été de tous les dangers?

Plusieurs indices montrent que le virus sera fortement actif durant l’été, signale la médecin. Il est dès lors important "d’assurer la prise en charge des personnes qui nécessitent des soins hospitaliers", souligne-t-elle. Le bon fonctionnement du système de santé doit ainsi être garanti: "On l’a vu, les soignants sont épuisés et on le comprend. Mais il faut aussi le nombre de lits et la structure nécessaire. Et c’est à ça qu’il faut être attentif", soutient Aglaé Tardin.

>> Voir aussi le sujet du 19h30 sur la fatigue des soignants:

Après deux ans de pandémie, le personnel hospitalier est à bout. Les conditions de travail impactent la qualité des soins. [RTS]
Après deux ans de pandémie, le personnel hospitalier est à bout. Les conditions de travail impactent la qualité des soins. / 19h30 / 2 min. / le 24 juin 2022

La médecin cantonale genevoise ne tire pas la sonnette d’alarme pour autant. "Finalement, si le virus circule, mais sans conséquence et qu’on peut garantir la prise en charge de tout un chacun, on est peu ou pas trop préoccupé", assure-t-elle.

Aujourd’hui l’impact hospitalier est ténu. Aglaé Tardin se veut donc rassurante, mais ajoute qu’il faut "être vigilant". Tout dépendra de l’évolution de l’épidémie dans les prochaines semaines, ce qui n’est pas aisément prévisible. "Puisqu’on ne nous a toujours pas donné de boule de cristal, on ne sait pas de quoi seront faites les prochaines semaines", glisse la médecin.

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Propos recueillis par Jennifer Covo

Adaptation web: Antoine Michel

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Possible retour des masques et de la seringue?

La France envisage le retour du masque dans les transports. Quid de cette mesure à Genève? Les réflexions sont en cours, indique Aglaé Tardin. Cela pourrait faire partie d’un arsenal pour réduire la circulation du virus. "On aimerait bien ne pas devoir y recourir, mais on ne peut pas aujourd’hui apporter de garanties", prévient-elle.

L'injection d'une deuxième dose de rappel du vaccin (soit la quatrième au total) n'est  pas quant à elle à l'ordre du jour, sauf pour les personnes fortement immunosupprimées. Cependant, "elle pourrait revenir plus vite que ce que l’on souhaite, parce que justement le virus circule beaucoup et très activement", postule la médecin cantonal genevoise.

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