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La pilule de Merck contre le Covid-19 pourrait soulager les hôpitaux

Une pilule pour lutter contre le coronavirus, la promesse des laboratoires américain Merck (vidéo) [RTS]
Une pilule pour lutter contre le coronavirus, la promesse des laboratoires américain Merck (vidéo) / La Matinale / 3 min. / le 12 octobre 2021
Le laboratoire américain Merck a demandé lundi l'autorisation en urgence, aux Etats-Unis, d'un médicament pour lutter contre les infections au coronavirus. Une simple pilule, le Molnupiravir, réduirait par deux les risques d'hospitalisation et de décès.

Ce traitement de Merck fait partie des premiers médicaments développés exprès contre le Covid-19 qui pourrait faire ses preuves. S'il ne sera sans doute pas une pilule miracle, il représente l'espoir d'un premier médicament, simple à administrer, à avoir montré une certaine efficacité dans des essais menés par l'entreprise, affirme le groupe Merck.

Depuis l'apparition du nouveau virus, les équipes scientifiques aux quatre coins de la planète tentent de trouver des molécules capables de diminuer les effets graves de la maladie.

Dans un premier temps, les médecins ont testé des médicaments qui existaient déjà pour d'autres maladies, à l'instar du remdesivir ou de l'hydroxychloroquine. Mais la communauté scientifique s'accorde aujourd'hui sur le fait qu'aucune de ces molécules n'a démontré d'efficacité réelle contre le SARS-CoV-2 et ses différents variants. Elle a donc cherché à développer des traitements spécifiques à ce virus.

Traitement simple par voie orale

Mais contrairement aux avancées énormes qui ont été faites dans le domaine des vaccins, aucun médicament ne permet à l'heure actuelle de lutter efficacement contre le Covid-19, même si des traitements sont utilisés dans les hôpitaux. Notamment les anticorps de Regénéron, qui avaient par exemple été administrés à Donald Trump. Certains antiviraux sont également efficaces chez certains patients, à condition qu'ils soient administrés au tout début de la maladie.

Or, administrer un traitement rapidement devient beaucoup plus facile avec un médicament à prendre par voie orale, et qu'il est donc possible de prendre chez soi dès les premiers symptômes, contrairement aux traitements par injection qui nécessitent toute une infrastructure. C'est là tout le potentiel de cette pilule de Merck: elle pourrait permettre de réduire drastiquement les hospitalisations.

Attention toutefois à ne pas s'emballer. D'une part, Merck n'a pas encore publié les résultats de son essai clinique. Normalement cela ne saurait tarder, mais à l'heure actuelle, l'entreprise n'est qu'au stade de la communication.

Traitement potentiellement coûteux

Mais surtout, on ne sait pas si ce médicament sera indiqué pour tous les patients ou patientes. Or, on l'a vu depuis le début de la pandémie, le profil des malades est déterminant dans l'évolution de la maladie. Le Molnupiravir n'échappera sans doute pas à la règle.

Et enfin, la question du coût du médicament sera déterminante. Actuellement, ce médicament est estimé autour de 700 dollars pour un traitement, explique Manuel Oriol, infectiologue au CHUV et principal investigateur de l'essai clinique de l'OMS "Solidarity".

"C'est un médicament qui est cher pour ce qu'il est", commente-t-il, il sera donc "extrêmement difficile" de traiter tout le monde avec celui-ci.

L'OFSP en négociation

Néanmoins, les espoirs sont grands autour de ce médicament qui pourrait être utilisé en complément à la vaccination. À tel point que le groupe Merck a déjà commencé la production à grande échelle.

Il prévoit de fabriquer les doses nécessaires pour 10 millions de traitements d'ici la fin de l'année. Et plusieurs Etats, dont la Suisse, sont en pourparlers pour en acquérir plusieurs lots.

Sophie Iselin/jop

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