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Malgré le coronavirus, la recherche médicale contre le cancer se poursuit

L'immunothérapie, un des grands espoirs de traitement du cancer [RTS]
L'immunothérapie, un des grands espoirs de traitement du cancer / 19h30 / 2 min. / le 4 février 2021
Le 4 février marque la journée mondiale contre le cancer et offre l'occasion de se pencher sur les dernières avancées dans la lutte contre cette maladie. L'un des grands espoirs repose sur l'immunothérapie. A la pointe dans cette approche, le canton de Vaud a investi des moyens considérables dans ce domaine.

Dans le laboratoire ouvert en octobre 2020 à Epalinges se joue actuellement une petite révolution dans la lutte contre le cancer. Une véritable "usine à cellules modifiées" va permettre de produire plus de 250 traitements par an pour traiter des mélanomes.

L'immunothérapie est un procédé en plein essor, qui offre une arme sérieuse aux traitements oncologiques. Elle vise à détruire le cancer avec les propres cellules du patient en stimulant son système immunitaire.

Production à grande échelle

"C'est une thérapie cellulaire et une thérapie personnalisée, à partir de la tumeur du patient. Quand le patient est opéré, on peut récolter la tumeur", explique au 19h30 de la RTS Lana Kandalaft, cheffe de Service du centre des thérapies expérimentales au CHUV.

La tumeur récoltée est ensuite immédiatement mise en culture dans le laboratoire situé à trois kilomètres du CHUV. C'est ici que seront isolées les lymphocytes T, soit les cellules soldats du système immunitaire, avant de les multiplier.

Ce laboratoire est rentré cette année en phase de production à grande échelle de cellules modifiées dites de première génération. Une étape majeure pour ce centre, dans lequel le canton de Vaud a investi 18 millions de francs.

Protocole rigoureux

Une fois les cellules assez fortes et nombreuses, une dernière étape cruciale consiste à réinjecter ces cellules chez le patient, afin de stimuler son système immunitaire.

Pour ce faire, un protocole très rigoureux est nécessaire afin d'éviter tout risque d'infection: "Nous n'avons que 2 à 3 heures après la fin de la production des cellules pour effectuer toutes les analyses avant de les transfuser chez le patient. Il s'agit de matériel vivant et le produit ne peut pas être stocké durant des jours", affirme Laurent Guillemot, responsable qualité au Centre des thérapies expérimentales du CHUV.

Entre 50 et 100 milliards de cellules sont réinjectées dans le corps du patient, formant une armée dont la mission et de cibler la tumeur et la tuer.

Entre 50 et 100 milliards de cellules contenus dans cette poche seront  transfusées dans le corps du patient. [RTS]Entre 50 et 100 milliards de cellules contenus dans cette poche seront transfusées dans le corps du patient. [RTS]

Laboratoire au chevet des malades

La particularité de cette étude clinique est une relation directe inédite entre le patient et le laboratoire.

"Nous faisons de la recherche clinique. Nous avons tous les moyens d'aller chez le patient, puis de faire les choses depuis le laboratoire jusqu'au chevet du patient", souligne Lana Kandalaft.

Actuellement, seule une poignée de malades ont été traités au CHUV avec des thérapies cellulaires. Dès le mois de mars, une cinquantaine de nouveaux patients seront traités au moyen de cette thérapie expérimentale.

Vaincre le cancer est "une possibilité très concrète"

L'immunothérapie permet actuellement de cibler les tumeurs du poumon, de la peau, et même celles un peu plus compliquées qui s'attaquent au colon et à l'estomac, mais le but est d'élargir les traitements, indique le professeur George Coukos dans le 19h30.

Le chef du Département d'oncologie UNIL CHUV et chef du service d'immuno-oncologie rappelle que ce type de thérapie est "extrêmement complexe et sophistiquée" et que tout a dû être inventé.

Les coûts sont encore importants et cela nécessite encore de gros investissements, car le processus en est à ses balbutiements, explique George Coukos.

Mais vaincre le cancer est "une possibilité très concrète", estime le spécialiste. Et ce même "s'il existe des milliers de cancers avec une hétérogénéité moléculaire énorme".

>> L'interview de George Coukos dans le 19h30

Les précisions du Professeur George Coukos, oncologue au CHUV [RTS]
Les précisions du Professeur George Coukos, oncologue au CHUV / 19h30 / 3 min. / le 4 février 2021

Delphine Gianora / fme

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Bientôt des cellules de 2e génération

D'ici à l'été, le centre d'Epalinge va démarrer une phase clinique de test avec des cellules de 2e génération. Il s'agit de sélectionner certains lymphocytes, les meilleurs soldats, afin que le système immunitaire reconnaisse les protéines altérées produites par la tumeur comme "étrangères".

Lausanne sera la deuxième place mondiale à pratiquer ces études cliniques, précise George Coukos, chef du Département d’oncologie CHUV.