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Les chercheurs mettent les bouchées doubles contre le coronavirus

La mise au point d'un traitement ou d'un vaccin prendra du temps. [Carl De Souza - AFP]
Les chercheurs testent des médicaments susceptibles de lutter contre le coronavirus, comme la chloroquine. / La Matinale / 3 min. / le 8 avril 2020
Les chercheurs du monde entier sont engagés dans la lutte contre le coronavirus. Les entreprises pharmaceutiques et les laboratoires publics mettent les bouchées doubles pour trouver le médicament capable de freiner la pandémie.

Plusieurs molécules sont testées actuellement sur des patients pour tenter de faire baisser la mortalité. Grosso modo, trois types de traitements peuvent agir sur cette épidémie: les anti-viraux qui s'attaquent directement au virus, les médicaments qui vont aider le corps à ne pas surréagir en cas d'attaque, et la sérothérapie, qui consiste à injecter du plasma de patients guéris à des patients malades pour qu'ils aient des anticorps.

>> Voir le reportage du 19h30 sur les tests liés au plasma en Suisse

L'Hôpital universitaire de Bâle teste un procédé d'immunisation passive avec le sang de patients ayant survécu au covid-19. [RTS]
L'Hôpital universitaire de Bâle teste un procédé d'immunisation passive avec le sang de patients ayant survécu au covid-19. / 19h30 / 2 min. / le 9 avril 2020

Ce qu'on essaye de faire à l'heure actuelle, ce n'est pas de développer de nouveaux médicaments, mais de puiser dans les traitements existants, pour voir s'ils ont un effet bénéfique sur les patients. On ne cherche donc pas à élaborer un traitement "sur mesure", un nouveau médicament contre ce virus. On teste d'abord ceux qui existent, les molécules qui sont déjà sur le marché.

Médicaments contre Ebola ou le VIH

Du côté des anti-viraux, on a lancé par exemple un essai clinique en Europe qui teste des médicaments développés initialement pour lutter contre Ebola ou le VIH. Et l'idée, c'est de combiner ces antiviraux avec d'autres médicaments qui pourraient calmer la réponse immunitaire et diminuer l'inflammation.

C'est le cas de la chloroquine, anti-paludique dont on a beaucoup parlé. Il fait actuellement l'objet de plusieurs études, pour lesquelles on n'a pas de résultats solides. Mais il est déjà utilisé par de nombreux hôpitaux à travers le monde, et notamment en Suisse.

Processus court-circuité

Pour la chloroquine, on court-circuite le processus de validation habituel pour répondre à l'urgence de la situation. Ca s'est fait dans un premier temps de façon officieuse. Mais vendredi passé, le Conseil fédéral a pris des décisions assez radicales, avec la publication d'une nouvelle ordonnance sur les mesures destinées à lutter contre le coronavirus, qui oblige Swissmedic - l'autorité de surveillance des produits thérapeutiques - à assouplir ses exigences.

"Cette ordonnance définit une liste de substances actives qui pourraient être mises sur le marché sans délai, pour autant qu'il y ait une courte analyse bénéfices/risques", explique Philippe Widmer, directeur général de l'entreprise pharmaceutique Vifor.

Etudes cliniques lancées

Plusieurs entreprises pharmaceutiques ont annoncé le lancement d'études cliniques sur des patients hospitalisés à cause du Covid-19. C'est le cas de Roche ou de Novartis, qui a annoncé il y a quelques jours le lancement de tests sur un immunosuppresseur, le Jakawi.

Les pharmas ont tout intérêt à faire apparaître leur nom dans cette lutte contre le Covid-19. D'ailleurs, Novartis, qui produit aussi de la chloroquine, a annoncé que ses laboratoires mettaient gratuitement une centaine de millions de doses à disposition des hôpitaux suisses. Même démarche du côté de Mepha, qui tente elle aussi de s'associer à cette croisade contre l'épidémie.

Sophie Iselin/jpr

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