Modifié le 31 mars 2020 à 14:07

Le lien entre la perte d'odorat et le nouveau coronavirus fait débat

Les cas d'anosmie semblent avoir augmenté parallèlement à la propagation du Covid-19.
Y'a-t-il un lien entre la perte de l'odorat et l'infection par le coronavirus? La Matinale / 1 min. / le 31 mars 2020
Une recrudescence des patients rapportant une perte souvent brutale d'odorat, et parfois de goût, a été observée dans plusieurs pays ces dernières semaines. Ce peut être le signe d'une infection au coronavirus, mais rien n'est certain.

Ces symptômes d'anosmie (nom scientifique de la perte d'odorat) apparaissent aussi lors d'autres infections respiratoires.

Mais pour Gilbert Greub, directeur de l'institut de microbiologie au CHUV à Lausanne, ils doivent alerter en cette période d'épidémie.

"Très forte probabilité" d'être positif au Covid-19

"Ce sont des symptômes qui paraissent relativement spécifiques, parce qu'en faisant ces mesures de confinement, on diminue un petit peu la circulation d'autres virus respiratoires", souligne-t-il mardi dans La Matinale. "Donc, vu l'épidémie importante de Covid, je pense que toute personne qui a un trouble du goût ou un trouble de l'odorat a une très forte probabilité pré-test d'être positive et devrait être testée. La plupart d'entre eux auront une confirmation de cette maladie."

Mais au-delà de ces observations, rien ne prouve le lien entre la perte d'odorat et le Covid-19. "On a deux choses", souligne Basile Landis, professeur en ORL aux Hôpitaux universitaires de Genève: on a la montée d'une épidémie, un nouveau virus, et on a aussi tout d'un coup beaucoup plus de personnes qui rapportent des troubles de l'odorat. Donc, on a deux courbes qui vont en parallèle."

Pas une preuve scientifique

Mais dans le contexte actuel, les gens font très attention au moindre symptôme respiratoire. "C'est un biais potentiel", relève ce spécialiste. "Ce n'est probablement pas faux en temps de crise de dire 'soyons prudents'. Peut-être que c'est un symptôme du coronavirus, mais de là à dire que c'est une preuve scientifique, je trouve que c'est aller un peu loin."

Pourtant, le nombre de cas communiqués ne cesse de croître. En Belgique, l'université de Mons a lancé une collecte de données. Et selon ses premiers chiffres, ces symptômes pourraient toucher un tiers des personnes infectées par le nouveau coronavirus - en particulier des jeunes chez qui les symptômes restent relativement modérés.

>> Le sujet de CQFD:

La perte subite de l’odorat est une des premières manifestations de l’infection par le SARS-CoV-2.
khosrork - Depositphotos
CQFD - Publié le 31 mars 2020

Sophie Iselin/oang

Publié le 31 mars 2020 à 08:50 - Modifié le 31 mars 2020 à 14:07