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Ibuprofène ou paracétamol retirés des étals des pharmacies en France

Dès les 15 janvier 2020 les patients français devront s'adresser aux pharmaciens pour se procurer paracétamol, ibuprofène et aspirine.
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Ibuprofène ou paracétamol retirés des étals des pharmacies en France / Le Journal horaire / 1 min. / le 16 janvier 2020
Depuis mercredi, l'aspirine, l'ibuprofène et le paracétamol ne peuvent plus être vendus en libre-service dans les pharmacies françaises. Même sans ordonnance, il faut passer au comptoir, comme c'est généralement le cas en Suisse romande.

En Suisse, la pratique est réglée au niveau cantonal et n’est pas la même partout. Mais en Suisse romande en tous les cas, ces médicaments sont généralement délivrés au guichet, avec le filtre du pharmacien, et pas en libre-service.

Il est utile de rappeler que ces analgésiques ne sont pas anodins. Le paracétamol, en particulier, que chacun a probablement dans ses armoires. Comme il est bien toléré, même par les femmes enceintes par exemple, avec des effets secondaires limités, on oublierait presque qu'il peut être dangereux en surdose.

Enormément d'intoxications au paracétamol nous arrivent. Une minorité sont accidentelles, une majorité sont volontaires: ce sont des gestes désespérés.

Thierry Buclin, médecin-chef et professeur de pharmacologie clinique au CHUV. [DR]
Thierry Buclin, médecin et pharmacologue clinique au CHUV

"Des patients qui ont des douleurs importantes, ou qui ne se sentent pas pris au sérieux, ont parfois la tentation d'en prendre vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup...  pour essayer de faire cesser les douleurs. Les gens se mettent vraiment en danger", assure Thierry Buclin, médecin et pharmacologue clinique au CHUV. Il précise voir "énormément d'intoxications au paracétamol. Une minorité sont accidentelles, une majorité sont volontaires: ce sont des gestes désespérés".

Pas des bonbons

En France, le décès d'une femme en 2017 après une surdose de paracétamol avait beaucoup ému la population et posé la question de l'accès à ces médicaments. Désormais, avec cette décision de ne plus les laisser en rayon dans les pharmacies, à côté des vitamines, on évite aussi de les banaliser et de les voir comme des bonbons qui soulagent.

Alexandra Richard/jvia

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