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Une "percée" scientifique porteuse d'espoirs contre le paludisme

Le paludisme se propage par la piqûre de certaines espèces de moustiques anophèles. [Stephen Morrison - EPA/Keystone]
Une "percée" scientifique porteuse d'espoirs contre le paludisme / Le Journal de 22h30 / 26 sec. / le 14 novembre 2019
Une équipe internationale a pour la première fois étudié de manière systématique le génome du Plasmodium, parasite responsable du paludisme. Cette "percée" va aider à développer des thérapies efficaces, affirme une étude.

"L’étude du génome du parasite à grande échelle, combinée avec les modèles mathématiques, représente une percée dans la recherche sur le paludisme", déclare dans un communiqué diffusé jeudi la Dr Magali Roques de l'Université de Berne, qui a collaboré avec l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), l'Université de Genève, celle d'Umea, en Suède, et l'institut Sanger en Grande-Bretagne.

Viser les gènes vitaux pour le parasite

"Grâce à ces modèles, il est maintenant possible de prédire quels gènes, jusqu'alors inexplorés, sont vitaux pour le parasite et donc considérés comme des cibles thérapeutiques dans la lutte contre le paludisme", indique de son côté Anush Chiappino-Pepe, experte en modélisation à l'EPFL. L'étude a été publiée dans la revue scientifique Cell.

Les chercheurs ont retiré individuellement plus de 1300 des 5000 gènes du Plasmodium. Ils ont ensuite observé les effets des modifications induites durant le cycle de vie complet du parasite. Ils ont ainsi pu identifier de nombreuses nouvelles cibles chez le pathogène.

Prédictions confirmées expérimentalement

Après trois ans de recherches, l'équipe internationale de scientifiques a réussi à "cribler" de manière systématique le génome du parasite à tous les stades de son cycle de vie. "L'étude à grande échelle (...) nous a permis d'identifier des centaines de cibles, en particulier celles impliquées dans le métabolisme du parasite", explique Rebecca Stanway de l'Université de Berne, l'une des principales auteures de l'étude.

Certaines de ces prédictions ont été ensuite confirmées expérimentalement par les chercheurs bernois en étroite collaboration avec l'Université de Leiden, aux Pays-Bas.

Utile à de nombreux chercheurs

"Nos résultats soutiendront de nombreux chercheurs sur le paludisme dans le monde entier. Ils peuvent maintenant se concentrer sur les gènes essentiels du parasite et développer des médicaments et des vaccins efficaces contre ses différents stades du cycle de vie", selon Ellen Bushell, une ancienne scientifique de l'institut Sanger.

Le paludisme fait plus de 400'000 morts par an, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La maladie est transmise par la piqûre de moustiques infectés par le parasite Plasmodium.

ats/oang

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