Modifié le 23 mars 2018 à 17:27

Le déclin alarmant de la biodiversité dénoncé par un rapport mondial

Des troncs d'arbres illégalement coupés dans la forêt amazonienne transportés par un bateau sur la rivière Tapajos, au Brésil.
Des troncs d'arbres illégalement coupés dans la forêt amazonienne transportés par un bateau sur la rivière Tapajos, au Brésil. [Nacho Doce - Reuters]
L'Humanité menace son propre bien-être en surexploitant la planète et en provoquant un déclin de la faune et de la flore dans toutes les régions du monde, selon une vaste enquête scientifique publiée vendredi.

"Nous sommes en train de saboter notre propre bien-être à venir!", a déclaré Robert Watson, président de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), à l'origine de cette enquête. Pollution, changement climatique et déforestation constituent des menaces croissantes pour la nature.

Si rien n'est fait pour enrayer la tendance, la ressource en poissons de la région Asie-Pacifique sera ainsi épuisée d'ici 30 ans et jusqu'à 90% de ses coraux gravement détériorés d'ici 2050. En Afrique, ce sont plus de la moitié des espèces d'oiseaux et de mammifères qui auront disparues d'ici 2100, avertit cette étude.

Sécurité alimentaire menacée

"La biodiversité continue à décliner dans chaque région du monde, réduisant significativement la capacité de la Nature à contribuer au bien-être de la population. Cette tendance alarmante menace des économies, des moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la qualité de vie des populations partout dans le monde", soulignent ces rapports.

L'IPBES avait déjà averti que la Terre est confrontée à une "extinction massive" d'espèces, la première depuis la disparition des dinosaures. Au cours du siècle écoulé, ce sont en moyenne deux espèces de vertébrés qui disparaissent chaque année. Une autre est sur le point de disparaître avec la mort récente de Sudan, célèbre rhinocéros blanc du Kenya et dernier mâle de son espèce, et dont il ne reste que deux femelles.

>> Lire aussi: Le Kenya pleure le dernier mâle rhinocéros blanc du Nord, décédé mardi

afp/bama

Publié le 23 mars 2018 à 17:10 - Modifié le 23 mars 2018 à 17:27

"Pas trop tard pour agir"

Robert Watson, président de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), estime toutefois que "la bonne nouvelle, c'est (...) qu'il n'est pas trop tard".

L'IPBES propose notamment de créer davantage d'aires protégées, de restaurer les zones dégradées et de développer l'agriculture durable.

"Le monde gaspille environ 40% de la nourriture qu'il produit (...) Si nous pouvions réduire le gaspillage de nourriture, nous n'aurons pas nécessairement à doubler sa production dans les 50 prochaines années" pour faire face à la croissance de la population mondiale, a suggéré Robert Watson.

Trois ans de recherches

Durant trois ans, plus de 550 chercheurs ont travaillé bénévolement sur ces évaluations régionales, qui synthétisent les données d'environ 10'000 publications scientifiques, sur les Amériques, l'Afrique, l'Asie-Pacifique et l'Europe-Asie centrale.

Le résultat final couvre la totalité de la Terre, hormis les eaux internationales des océans et l'Antarctique.

Les rapports ont été passés au peigne fin par plus de 750 experts et décideurs de 115 des 129 pays membres de l'IPBES réunis toute la semaine à huis clos à Medellin, en Colombie.