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Les innovations pour économiser l'eau intéressent de plus en plus en Suisse

Un système d'arrosage automatique dans le bois de Finges (VS). [Jean-Christophe Bott - Keystone]
La gestion de l’eau, un marché en pleine expansion / La Matinale / 4 min. / le 4 octobre 2022
Alors que la population suisse a pris conscience de l'importance de la gestion de l'eau après la sécheresse de l'été, plusieurs innovations se développent pour limiter la consommation de l'eau. Mais ces technologies peinent à faire leur chemin du côté des communes et des cantons.

Si l'eau est un bien précieux pour l'agriculture, les industries ou encore le quotidien de tout un chacun, certaines entreprises ont fait de la gestion de l'eau un vrai business.

De son pompage à son traitement jusqu'à sa distribution pour arriver dans les robinets des ménages, les produits innovants émergent tout au long du cheminement de l'eau. De nombreux outils digitaux fournissent toutes sortes de renseignements sur la qualité et la quantité d'eau utilisée.

Repérer les fuites avec une application

Par exemple, les capteurs fournis par une startup romande, Droople, permettent d'alerter lorsque de l'eau coule sans que quelqu'un ne s'en soit rendu compte. Ces capteurs ont été, entre autres, intégrés dans une fontaine à eau à la caserne des pompiers d'Orbe, dans le canton de Vaud.

Cette fontaine à eau de l’entreprise Watertec prélève directement l'eau potable depuis un robinet. La technologie de Droople permet de gérer la fontaine à distance. "L'utilisateur a une application sur son téléphone et est notifié s'il y a une fuite ou si le filtre de l'appareil, où le capteur est placé, doit être changé", explique le fondateur de la startup Ramzi Bouzerda.

Pour le major Jonathan Gombert qui commande le centre d'intervention de la plaine d'Orbe, cette technologie permet "de voir ce qui est consommé". Mais à chaque intervention, les pompiers utilisent plusieurs milliers de litres d'eau. Il faudrait donc plutôt installer des capteurs sur les bornes hydrantes pour que l'impact soit plus important, selon Ramzi Bouzerda.

Une prise de conscience encore trop faible?

Toutefois, les communes et les cantons ne s'emparent pas de ce type de technologie pour des raisons financières ou législatives. Selon Nicolas Lorne, président et co-fondateur de waterpreneurs, la prise de conscience est encore faible. "Il y a un accompagnement fort de la part des autorités en matière d'énergie avec des subventions par exemple. Il faudrait la même chose pour l'eau", souligne-t-il.

Pour Sébastien Apothéloz, chef du service de l’eau de la ville de Lausanne, la solution n'est pas si simple. "Le domaine de l'eau est autofinancé, ce sont les taxes qui permettent de tout gérer. Les programmes d'accompagnement devraient donc être gérés de manière précise", précise-t-il au micro de la Matinale.

"Je pense qu'il est difficile d'aller plus vite car on est dans un domaine où les infrastructures sont faites pour durer longtemps", ajoute Sébastien Apothéloz. Selon lui, la ville de Lausanne "peut encore faire des progrès pour éviter les fuites mais les comportements individuels sont également très importants".

>> L'interview de Sébastien Apothéloz dans La Matinale:

La Ville de Lausanne a sorti du réseau d'eau potable l'un de ses groupes de captages. En cause: une présence de chlorothalonil à un niveau "très légèrement supérieur" à la nouvelle norme en vigueur. (image d'illustration) [Manu Friederich - Keystone/EQ images]Manu Friederich - Keystone/EQ images
Les contraintes des services publics face à la gestion de l’eau: interview de Sébastien Apothéloz / La Matinale / 5 min. / le 4 octobre 2022

Dominique Choffat/aps

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