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La diminution des forêts tropicales s'est encore accélérée en 2020

Zone dévastée par le feu dans l'Etat brésilien d'Amazonas, en août 2020. [Ueslei Marcelino - Reuters]
La diminution des forêts tropicales s'est encore accélérée en 2020 / Le Journal horaire / 27 sec. / le 31 mars 2021
La surface de forêt vierge tropicale détruite en 2020 est équivalente à la taille des Pays-Bas, selon le rapport annuel d'une ONG. Ses arbres partent en fumée ou sont abattus à un rythme toujours plus élevé, malgré la crise économique liée au Covid-19.

Le rapport annuel du Global Forest Watch, publié mercredi et basé sur des données satellites, fait état de la destruction en 2020 de 4,2 millions d'hectares de forêts primaires tropicales, cruciales pour la biodiversité de la planète et le stockage du carbone, soit 12% de plus que l'année précédente.

L'Amazonie brésilienne en tête

Le pays le plus touché est le Brésil, avec une surface disparue trois fois supérieure à celle de la République démocratique du Congo, deuxième du classement.

La déforestation n'a cessé d'augmenter depuis l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et la forêt primaire brésilienne a encore perdu 1,7 million d'hectares en 2020, une hausse de 25% en un an selon le rapport. La majorité de cette destruction a frappé l'Amazonie, avec des déforestations délibérées mais aussi des incendies hors de contrôle, partis de brûlis sur des terres déjà déboisées qui se sont propagés.

Le feu a également ravagé les zones humides du Pantanal, paradis de biodiversité entre le Brésil et la Bolivie, qui monte sur la troisième marche de ce classement 2020 de la déforestation tropicale.

Au total, les tropiques ont perdu 12,2 millions d'hectares de couverture forestière (qui inclut tous types de forêts et plantations) en 2020.

Agriculture et sécheresse en cause

Sans surprise, le moteur principal de cette destruction est toujours l'agriculture. Mais les chercheurs pointent aussi du doigt cette année les vagues de chaleur et la sécheresse qui ont alimenté des incendies dévastateurs en Australie, en Sibérie et jusqu'aux confins de l'Amazonie en 2020.

Ces pertes sont "une urgence climatique, une crise de la biodiversité, une catastrophe humanitaire et des opportunités économiques perdues", a commenté Frances Seymour, du World Resources Institute qui pilote ce rapport.

Pression accentuée par la pandémie

Selon les chercheurs, la pandémie a pu avoir quelques impacts négatifs, avec des arbres abattus illégalement dans des forêts laissées sans protection par exemple ou l'arrivée massive de gens dans des zones rurales.

Mais ils soulignent surtout que cette crise n'a pas permis de changer la trajectoire de destruction forestière et ils mettent en garde contre une aggravation de la situation en cas d'allègement des règles pour faciliter la relance économique.

La forêt "crie" désormais

En outre, la partie de "plus mauvaise augure" des données 2020 montre que les forêts ont elles-mêmes été victimes du changement climatique, a souligné Frances Seymour lors d'une conférence de presse. "Les zones humides brûlent (...). La nature nous murmurait depuis un moment que la menace arrivait. Désormais, elle crie", a-t-elle insisté.

afp/oang

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Destruction ralentie en Indonésie

L'Indonésie a réussi l'an dernier à réduire le rythme de sa déforestation de 17% par rapport à 2019, descendant ainsi du podium pour la première fois depuis le premier rapport de Global Forest Watch il y a vingt ans.

La destruction forestière ralentit dans le pays pour la quatrième année consécutive selon les chercheurs, qui soulignent une année 2020 de météo plus humide mais aussi des politiques publiques qui semblent avoir "un impact à long terme pour réduire la disparition de la forêt".

Plus de 2,6 gigatonnes de CO2 libérées

Les très riches écosystèmes forestiers couvrent plus de 30% de la surface terrestre et les forêts tropicales abritent entre 50 et 90% des espèces terrestres.

Avec le reste de la végétation et les sols, les forêts sont aussi un énorme puits de carbone, absorbant environ un tiers du CO2 émis par les activités humaines chaque année..

Les quelque 4 millions d'hectares de forêts tropicales détruites en 2020 ont libéré 2,64 gigatonnes de CO2, soit l'équivalent des émissions annuelles de 570 millions de voitures. "Plus nous attendons pour stopper la déforestation, (...) plus nos puits de carbone naturels risquent de partir en fumée", a prévenu Frances Seymour du World Resources Institute.