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L'enneigement diminue inexorablement dans nos montagnes

Le glacier d'Aletsch, pris en photo le 4 juillet 2011. [Alessandro Della Bella - Keysone]
L'enneigement diminue inexorablement dans nos montagnes / La Matinale / 1 min. / le 18 mars 2021
La neige est en voie de disparition à basse est moyenne altitude. Telle est la conclusion du papier publié jeudi par le centre de recherche européen EURAC, dans la revue The Cryosphere. Cette étude est la plus complète jamais réalisée au sujet de la couverture neigeuse.

L'étude du centre de recherches EURAC confirme une saison des neiges raccourcie, de près d'un mois en cinquante ans, la faute au changement climatique, avec deux phénomènes observés.

L'un intervient en début d'hiver et l'autre au printemps: "L'enneigement commence généralement plus tard aujourd'hui, en moyenne, que cela ne l'était dans le passé, surtout à basse et moyenne altitudes. Là où le réchauffement fait qu'on a de plus en plus de chutes de pluie et non de chutes de neige en début d'hiver", remarque Samuel Morin, chercheur spécialisé sur l'étude du manteau neigeux, au micro de La Matinale.

"Et la tendance de fond, c'est que la fonte des neiges est de plus en plus rapide et de plus en plus intense à toutes les altitudes, au printemps, du fait de la croissance de la température liée au réchauffement climatique", ajoute-t-il.

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Anticiper les répercussions climatiques

Pour dresser ce constat, les chercheurs ont analysé les données de 2000 stations météorologiques réparties dans cinq pays, dont la Suisse: des indications très utiles pour anticiper les répercussions sur les ressources en eau, la production d'énergie, ou encore le tourisme et les nombreuses stations de ski situées autour de 2000 mètres d'altitude: "Je ne pense pas que, dans les prochaines décennies, on va voir la disparition des stations de sport d'hiver. On s'apprête à avoir des formes de mutations. Certaines stations sont déjà dans une démarche de réfléchir à l'après ski", note Samuel Morin.

"D'autres stations considèrent que le ski reste un produit important pour leur développement territorial: je n'ai pas à en juger. Mais le plus important, c'est de faire en sorte que toutes les décisions puissent être basées sur une bonne synergie entre les connaissances scientifiques sur l'évolution passée et future du climat et son impact sur les conditions d'implantation des domaines skiables, sur toutes les connaissances locales et les stratégies territoriales". Pour ce spécialiste du manteau neigeux, ce n'est qu'avec cette articulation que pourront être prises des décisions "qui font sens".

Le recul de l'enneigement va se poursuivre à basse et moyenne altitudes d'ici la moitié du XXIe siècle en raison de l'inertie climatique. Pour l'après 2050, tout dépendra de la capacité de l'humanité à atteindre ou pas la neutralité carbone.

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Foued Boukari/sjaq

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