Modifié le 30 octobre 2019 à 16:00

La biodiversité, c'est bon pour la santé, selon une étude scientifique

La relation positive entre la biodiversité et la santé et désormais prouvée scientifiquement.
La biodiversité, c'est bon pour la santé CQFD / 9 min. / le 12 octobre 2019
L'Académie suisse des sciences naturelles publie mardi une analyse d'études scientifiques sur le lien entre biodiversité et santé. Il s'agit de pointer comment les espaces naturels favorisent le bien-être physique et mental. Un lien difficile à prouver scientifiquement.

Il est plus aisé d'étudier les effets néfastes d'un environnement toxique, à base d'air pollué, d'eau et d'alimentation de mauvaise qualité sur le corps humain que ceux, bénéfiques, de la nature et de sa biodiversité.

Cependant, depuis quelques années, des recherches se développent sur le lien entre séjour en nature et santé mentale et physique, ainsi que sur les liens entre la biodiversité des bactéries et les maladies infectieuses et allergiques.

L'Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT) s'est penchée sur 229 études publiées dans la littérature scientifique à propos de ces deux thèmes en collaboration avec le Forum Biodiversité.

"L'immersion dans la nature a notamment pour effet d'augmenter l'activité physique, et donc de réduire les maladies cardiovasculaires et la mortalité due à ces affections", explique Danièle Martinoli, biologiste (SCNAT) au micro de CQFD. "Certaines études, dans différentes villes européennes, ont aussi montré que le risque d'obésité diminuait de 40% pour les personnes qui vivent dans des quartiers verts".

Cette chercheuse, qui fait partie de l'équipe ayant compilé les études, affirme que "l'évidence scientifique sur la santé mentale est très bonne: elle montre que le séjour dans la nature réduit le stress, la fatigue, l'anxiété et les états de dépression".

De la nature, le plus tôt possible dans la vie...

Les espaces ouverts proches de la nature et de biodiversité sont particulièrement bénéfiques pour les enfants.

Une étude nationale menée au Danemark auprès de plus de 900'000 personnes a montré que les enfants qui avaient à peine grandi dans des espaces verts étaient jusqu'à 55% plus susceptibles de développer des troubles psychiatriques, indépendamment des effets d'autres facteurs de risque connus, à l'âge adolescent ou adulte.

"Ce n'est pas d'être dans la nature de temps en temps, mais c'est vraiment une durée prolongée dans la nature pendant l'enfance qui est décisive", explique Danièle Martinoli.

...et le plus souvent autour de soi

Que ce soit des randonnées en montagne, des balades dans un parc, une forêt ou un paysage agricole, toute immersion dans la nature est bonne à prendre: "La nature en ville est également très importante", souligne la biologiste.

"La dose compte: il ne suffit pas d'aller deux fois par année en vacances dans les montagnes. C'est plus important d'avoir de la nature autour de chez soi, sur le chemin de l'école, du travail et même à sa place de travail". Les arbres que nous croisons quotidiennement ne peuvent donc que nous faire du bien.

Les études montrent que plus les sujets vivent dans des espaces urbains, plus l'effet de la nature sera bénéfique sur eux.

Des questions en suspens

Si les études scientifiques sont assez unanimes sur les bienfaits de la nature sur notre santé, il reste toutefois des questions ouvertes, remarque Danièle Martinoli: "Quel est le rôle de la biodiversité? Quelle est la nature qui nous profite le plus? Doit-elle être très diversifiée? Presque sauvage?"

De manière assez amusante et paradoxale, il semble que la plupart des études montrent que "les gens préfèrent la nature un peu 'ordrée'. Mais avec une nature plus naturelle, avec une grande diversité, et pas des pelouses vertes monotones".

Sujet radio: Cécile Guérin

Adaptation web: Stéphanie Jaquet

Publié le 29 octobre 2019 à 15:56 - Modifié le 30 octobre 2019 à 16:00