Modifié le 15 avril 2019 à 12:36

L'utilisation de pesticides sur les fruits et légumes toujours mieux contrôlée

Les pesticides sont utilisés avec toujours plus de parcimonie en Suisse.
L'utilisation de pesticides sur les fruits et légumes toujours mieux contrôlée La Matinale / 2 min. / le 15 avril 2019
Les consommateurs s'interrogent toujours plus sur la teneur en pesticides des fruits et légumes cultivés en Suisse. Leur emploi reste une réalité, mais elle est aujourd'hui de plus en plus contrôlée.

L'impact de ces produits sur l'alimentation et sur la santé préoccupe tout autant voire davantage les consommateurs que les conséquences pour l'environnement.

Les organisations faîtières constatent que la branche est constamment mise sous pression. Mais elles assurent que les contrôles sanitaires sont sévères et l'utilisation des pesticides pour protéger les plantes des maladies est limitée au strict minimum avec des produits autorisés.

Certains fruits totalement exempts de pesticides

"Les traces de produits phytosanitaires qu'on pourrait retrouver dans les fruits sont intimement liées au moment où est intervenue la dernière application", souligne le président de l'Union fruitière lémanique Christophe Borboën dans La Matinale. "Et on arrive - avec des pommes, des poires ou des pruneaux - où on ne retrouve plus de traces de pesticides dessus."

Pour les légumes, l'emploi de pesticides dépend du mode de culture. "Un même légume produit en plein champ à l'air libre va être beaucoup plus vulnérable", explique le directeur de l'Union maraîchère du canton de Genève Xavier Patry. Le critère principal n'est donc pas le type de légume mais le type de culture.

De nouvelles pistes pour les cultures

Le mieux serait évidemment de se passer totalement de pesticides et des solutions pour y parvenir sont en route. "Idéalement, pour faire pousser des fraises, il faudrait avoir des tunnels de manière à les protéger des intempéries", souligne Christophe Borboën. "C'est l'une des pistes que l'on développe maintenant pour pas mal de cultures. On réfléchit à s'affranchir du problème météorologique pour ne plus avoir besoin de protéger ces cultures."

La plupart des cultivateurs affichent leur volonté de tendre vers ce "tout bio", en gardant à l'esprit que le marché pourrait aussi être un jour saturé.

>> Pesticides dans les terres des fermes bio: écouter l'interview de Fernand Cuche:

Fernand Cuche, ancien conseiller d’Etat neuchâtelois, ancien secrétaire général d’Uniterre, membre des Verts.
RTS
La Matinale - Publié le 15 avril 2019

Pierre-Etienne Joye/oang

Publié le 15 avril 2019 à 08:12 - Modifié le 15 avril 2019 à 12:36

Des traces de pesticides dans le bio, mais "infimes"

Une étude de l'Université de Neuchâtel publiée la semaine dernière montraient toutefois que 93% des fermes biologiques du Plateau contiennent des traces d'au moins un néonicotinoïde.

"Ces traces sont très faibles, et elles sont nettement en dessous de ce qui est fixé dans la législation - de manière générale et pour le bio - par l'Office fédéral de la sécurité alimentaire", souligne le responsable du secteur Protection durable des végétaux à l'Office fédéral de l'agriculture, Olivier Félix, interrogé lundi dans La Matinale de la RTS.

"Je ne pense pas qu'on soit laxistes, au contraire. Les normes dans le domaine de l'environnement ont été nettement renforcées ces dernières années (...). Nous avons retiré à peu près un tiers des substances qui étaient autorisées dans les années 90. Ces normes sont de plus en plus sévères et appliquées", ajoute-t-il.

Mais les Suisses vont devoir se prononcer sur deux initiatives populaires qui veulent limiter, voire interdire l'utilisation des pesticides. Que se passerait-il si elles étaient acceptées? "Cela serait très difficile du jour au lendemain. Il y a des solutions, notamment mieux utiliser les produits phytosanitaires quand ils sont nécessaires. On peut utiliser des techniques qui permettent de limiter leur diffusion dans l'environnement. On peut également recourir à des variétés qui sont résistantes".

A ses yeux, les consommateurs "pourraient faire quelque chose en réclamant ce type de variétés, de pommes par exemple, qui permettent de diminuer les traitements".

>> Regarder l'interview d'Olivier Félix dans La Matinale: