Modifié le 25 octobre 2018 à 21:22

Martin Vetterli vante l'apprentissage de la pensée computationnelle

Martin Vetterli, président de l'EPFL.
Une initiative propose de renforcer la pensée computationnelle à l'école primaire: explications de Martin Vetterli Forum / 7 min. / le 25 octobre 2018
Les outils et les savoirs essentiels pour la transition numérique devraient être enseignés dans toutes les écoles primaires de Suisse, estime Martin Vetterli, président de l'EPFL. Une initiative nationale est présentée jeudi à Zurich.

Ce partenariat public-privé, dirigé par l'EPFL et chapeauté par le conseiller fédéral en charge de l'économie, de la formation et de la recherche Johann Schneider-Ammann a été présenté jeudi à Zurich dans le cadre des Digital Days.

L'initiative s'appuie sur Thymio, un robot d'apprentissage développé à l'EPFL, à l'usage duquel "plus d'un millier d'enseignants ont été formés", explique le président de l'EPFL Martin Vetterli, jeudi dans l'émission Forum.

Est-ce le début d'un véritable changement dans l'enseignement en Suisse? "Si vous donnez un robot à des enfants en classe primaire, ils découvrent comment celui-ci pense, trouve son chemin, évite les obstacles... c'est une façon d'expliquer très tôt comment interagir avec ce milieu numérique qui est en train d'arriver comme un tsunami", répond Martin Vetterli, qui vante l'apprentissage de la "pensée computationnelle".

"Il n'y a pas besoin que tout le monde sache programmer"

Mais pas question pour autant de faire de tous les enfants de petits informaticiens en herbe. "Il n'y a pas besoin que tout le monde sache programmer, en dépit de ce que pensent certains informaticiens. Mais (les enfants) doivent être en mode conversationnel avec cet environnement digital", estime le président de l'EPFL.

Martin Vetterli, nouveau président de l'EPFL.

Il n'y a pas du tout un divorce entre la façon dont les humains et dont les ordinateurs résolvent les problèmes.

Martin Vetterli, président de l'EPFL

Concrètement, avec un projet comme Thymio, les enfants "vont comprendre comment eux résolvent des problèmes, vont d'un point A à un point B, et comment un ordinateur, un robot ou une voiture autonome résolvent le même problème", détaille Martin Vetterli. "Les humains font de la pensée computationnelle. On n'en est pas conscient, mais on résoud des problèmes tout le temps (...). Il n'y a pas du tout un divorce entre la façon dont les humains et dont les ordinateurs résolvent les problèmes. Il faut le rappeler, de manière ludique", insiste-t-il.

"Un réveil"

Le président de l'EPFL se dit "plutôt optimiste" sur le développement de l'éducation au numérique. Il évoque notamment les "réponses très positives" reçues dans les cantons de Vaud et du Valais. "Il y a vraiment un réveil. Les gens se rendent compte que pour fonctionner dans cette société digitale, il y a un certain nombre de savoir-faire qui doivent être introduits, comme on a introduit la lecture et le calcul, au 19ème siècle".

On estime que deux élèves du primaire sur trois vont exercer à l'avenir un métier qui n'existe pas aujourd'hui. "On verra quand on y sera", nuance Martin Vetterli. "Je pense que de nouveaux métiers seront créés, mais même dans les métiers actuels, on travaille en contact avec l'informatique ou les services informatiques (...). Il est important d'avoir un savoir-faire, une compréhension de base", estime le président de l'EPFL.

Propos recueillis par Marie Giovanola et Renaud Malik/jvia

Publié le 25 octobre 2018 à 18:35 - Modifié le 25 octobre 2018 à 21:22