Modifié le 03 octobre 2018 à 14:44

Le Prix Nobel de Physique 2018 attribué à la physique des lasers

Le prix Nobel 2018 de Physique a été attribué mardi pour une moitié à l'Américain Arthur Ashkin et pour l'autre moitié au Français Gérard Mourou et à la Canadienne Donna Strickland pour leurs travaux sur les lasers et l'optique.
Le prix Nobel 2018 de Physique a été attribué mardi pour une moitié à l'Américain Arthur Ashkin et pour l'autre moitié au Français Gérard Mourou et à la Canadienne Donna Strickland pour leurs travaux sur les lasers et l'optique. [Hanna Franzen - EPA]
Un Américain, un Français et une Canadienne obtiennent le Prix Nobel de Physique. Il a été décerné mardi à Stockholm à Arthur Ashkin, Gérard Mourou et Donna Strickland pour leur travaux sur la physique des lasers.

Le prix Nobel 2018 de physique a été attribué mardi pour une moitié à l'Américain Arthur Ashkin et pour l'autre moitié au Français Gérard Mourou et à la Canadienne Donna Strickland pour leurs travaux sur les lasers et l'optique, a annoncé l'Académie royale des sciences.

"Les inventions qui sont honorées cette année ont révolutionné la physique des lasers", ajoute l'Académie. "Les instruments de précision avancée ouvrent des champs inexplorés de la recherche et une multitude d'applications industrielles et médicales."

La pince optique

Arthur Ashkin est récompensé "pour ses pinces optiques et leur application aux systèmes biologiques". Ces pinces servent à piéger des objets de petite dimension comme des cellules, des particules et des virus, à l'aide d'un faisceau laser.

"Ce nouvel instrument a permis à Ashkin d'accomplir un vieux rêve de la science fiction: se servir de la pression de rayonnement de la lumière pour déplacer des objets physiques", souligne l'Académie suédoise.

Le chercheur a réussi en 1987 à capturer des bactéries vivantes, sans les endommager et en conservant un milieu stérile, au moyen de ses pinces optiques. Des outils également utilisés pour le contrôle de micro-pompes ou de micromoteurs.

Du haut de ses 96 ans, Arthur Ashkin est désormais la personne la plus âgée à être lauréate d'un Prix Nobel, toutes catégories confondues.

Chirurgie de l'œil

Gérard Mourou, 74 ans, et Donna Strickland, 59 ans, reçoivent conjointement l'autre moitié du Nobel de physique "pour leur méthode de génération d'impulsions optiques", publiée en 1985.

La technique d'amplification des lasers, appelée Chirped Pulse Amplification (CPA), a été mise au point il y a un peu plus de 30 ans par Gérard Mourou et Donna Strickland, qui était son étudiante. Cette technologie a permis de créer des impulsions ultracourtes de quelques dizaines de femtosecondes (une femtoseconde, c'est un billiardième de seconde: aussi écrit 10-15 sec.) et de très haute puissance, précise l'Ecole polytechnique, dont le lauréat français est diplômé.

Outre leur contribution à la physique du vide ou des trous noirs, la technique CPA a permis des avancées nouvelles dans le domaine de la chirurgie réfractive de l'œil, de la myopie et de la cataracte. Chaque année, elle est utilisée pour des millions d'opérations. La Chirped Pulse Amplification est aussi utile en archéologie.

sjaq avec les agences

Sujet traité dans le 12:30 sur La Première et le 12:45 sur RTS1

Publié le 02 octobre 2018 à 12:30 - Modifié le 03 octobre 2018 à 14:44

La 3e femme à obtenir un Nobel en Physique

La canadienne Donna Strickland devient la troisième femme de l'Histoire à obtenir un Prix Nobel en Physique. Avant elle, il y eut la Française Marie Curie, en 1903, et Maria Goeppert-Mayer, une Américaine d'origine allemande, en 1963.

Aujourd'hui professeure associée à l'Université de Waterloo, au Canada, Donna Strickland, jointe par téléphone par l'Académie suédoise, a déclaré: "Ah bon? je pensais qu'il y en avait plus. Je ne sais pas trop quoi dire: je suis honorée d'être parmi elles et j'espère qu'il y en aura plus."

L'Académie royale des sciences estime que le petit nombre des femmes au palmarès des prix scientifiques est d'abord dû au fait que les laboratoires leur ont été longtemps fermés.

Aung San Suu Kyi conservera son Nobel de la paix

Certaines décisions de la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, notamment sa discrétion à l'égard de la répression militaire menée contre les Rohingyas, sont "regrettables" mais elle conservera le prix Nobel de la paix qu'elle a reçu en 1991, a dit le directeur général de la Fondation Nobel.

Dans un entretien accordé vendredi à Reuters, Lars Heikensten explique que retirer un prix Nobel en raison des actes commis a posteriori par un lauréat n'aurait pas de sens.

Aung San Suu Kyi, récompensée en 1991 pour son combat en faveur de la démocratie en Birmanie, est accusée par un rapport de l'Onu publié en août de ne pas avoir utilisé son "autorité morale" pour protéger les civils rohingyas. Cette minorité de confession musulmane a fait l'objet d'assassinats de masse de la part de l'armée birmane, avec une "intention génocidaire", affirme ce rapport.