Modifié le 26 juillet 2018 à 13:58

"Le cumul des températures extrêmes est le signe du changement climatique"

L'invitée de Coralie Claude (vidéo) - Martine Rebetez, professeure de climatologie à l'Université de Neuchâtel
L'invitée de Coralie Claude (vidéo) - Martine Rebetez, professeure de climatologie à l'Université de Neuchâtel L'invité de la rédaction / 9 min. / le 26 juillet 2018
L'hémisphère nord connaît des températures exceptionnellement hautes. Leur cumul est "le signe du changement climatique", explique la climatologue Martine Rebetez. "Il est prévu que les régions polaires soient celles qui se réchauffent le plus", précise-t-elle.

"Un élément individuel n'est jamais le signe du changement climatique. Par contre, le cumul des températures extrêmes l'est très clairement", explique Martine Rebetez, professeure de climatologie à l'Université de Neuchâtel et à l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage, invitée jeudi de La Matinale de la RTS.

Actuellement, la totalité de l'hémisphère nord connaît des températures particulièrement élevées. Il fait très chaud en Suisse depuis plusieurs jours et le thermomètre doit atteindre environ 32 degrés jeudi et vendredi. La Suède n'a jamais eu aussi chaud en juillet depuis deux siècles et demi, 40 degrés ont été enregistrés aux Etats-Unis début juillet, 35 au Japon la semaine dernière... et même 30 au niveau du cercle polaire.

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Températures élevées jusqu'à début août

Martine Rebetez souligne que "ce n'est pas le cas tous les étés", mais "qu'il faut des conditions de haute et de basse pression particulières pour arriver à ces circonstances de manière prolongée. La sécheresse engagée va amener encore des températures très élevées jusqu'à une remise à zéro avec d'intenses ou très longues précipitations". Or, l'Organisation météorologique mondiale prévoit des températures supérieures à la moyenne jusqu'au début du mois d'août.

Réchauffement des régions polaires

"Avec l'augmentation des températures et la fonte des glaces, il est prévu que les régions qui se réchauffent le plus en moyenne - sans même parler des extrêmes - soient les régions polaires (...). Plus on va à de hautes latitudes, plus les températures augmentent", précise Martine Rebetez.

Elle ajoute qu'en Suisse "on a aussi des températures qui évoluent davantage que la moyenne du globe, parce qu'on est relativement au nord de l'hémisphère nord".

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Les températures vont-elles évoluer de record en record? "C'est déjà le cas, localement, régionalement, à l'échelle du globe", répond Martine Rebetez. "Non seulement les moyennes augmentent de plus en plus vite, mais les extrêmes vont se distancier toujours davantage de la moyenne".

>> L'éclairage du 19h30 de mercredi sur la vague de chaleur dans l'hémisphère nord:

Climat : L'hémisphère nord est touché par une vague de chaleur exceptionnelle
19h30 - Publié le 25 juillet 2018

Propos recueillis par Coralie Claude

Adaptation web: Jessica Vial

Publié le 26 juillet 2018 à 12:39 - Modifié le 26 juillet 2018 à 13:58

"On peut encore faire énormément contre le réchauffement climatique"

"On peut faire énormément de choses encore contre le réchauffement climatique, et heureusement", lance Martine Rebetez. Pour elle, une des urgences est de réduire les émissions de gaz à effet de serre. "C'est un geste quotidien, politique et commercial", estime-t-elle.

Elle estime aussi qu'il faut "limiter les conséquences du réchauffement", en agissant par exemple "sur la vie en ville". Elle juge aussi qu'il y a "énormément à faire en termes de prévention" des incendies, "qui sont toujours démarrés par une cause humaine".