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Pour l'astronaute Thomas Pesquet, "expliquer l'espace" est nécessaire

L'invité de Romain Clivaz (vidéo) - Thomas Pesquet, astronaute français
L'invité-e de Romain Clivaz - Thomas Pesquet, astronaute La Matinale / 9 min. / le 14 mai 2018
L'astronaute français Thomas Pesquet, qui avait partagé abondamment sa mission dans la Station spatiale internationale (ISS) sur les réseaux sociaux, souligne dans La Matinale l'importance de la pédagogie pour expliquer l'espace.

Alors que l'astronaute de l'Agence spatiale européenne (ESA) fait son entrée dans l'édition 2019 du Robert Illustré, Thomas Pesquet, sourit et explique à la RTS que son but n'était pas d'entrer dans le dictionnaire, mais de "parler de l'espace" lors de sa mission de 200 jours en orbite.

Revenu sur Terre en juin 2017, Thomas Pesquet "travaille pour retourner dans l'espace", une préparation peut-être vaine. "Nous sommes sept dans le corps européen des astronautes à nous préparer, sans aucune garantie", indique l'astronaute. "On vit pour un moment qui peut se passer tous les sept à huit ans si on a de la chance."

Volonté pédagogique

Thomas Pesquet souligne que le travail des astronautes a changé depuis les débuts de la conquête spatiale, marquée par la rivalité entre Union soviétique et Etats-Unis. "Les vols habités ont évolué depuis 'L'étoffe des héros', on sait à quoi on s'attend, à ce que ça demande moralement, physiquement."

Pour passer plus de six mois dans l'espace avec des collègues qu'on n'a pas choisis, "il faut être patient, il faut savoir communiquer". Et de souligner ne pas être particulièrement extraverti. "J'ai communiqué sur cette mission. Mon truc, c'est plutôt la pédagogie. Je n'ai jamais voulu faire une carrière d'acteur ou d'artiste." Et l'astronaute, né "dans une famille de profs", s'amuse d'"être le seul à avoir mal tourné".

Partenariat nécessaire

Pour Thomas Pesquet, l'exploration spatiale est maintenant dans une logique de "marathon à long terme", plutôt axée sur la recherche et la coopération internationale, après la période de course et de rivalité idéologique qui dominait entre Soviétiques et Américains durant la Guerre froide.

Interrogé sur l'arrivée d'acteurs privés dans le domaine spatial et notamment sur l'arrivée de SpaceX, l'astronaute français rappelle que le partenariat entre public et privé est fondamental pour ce secteur. "C'est un échange entre l'industrie et le spatial public. Elon Musk, par exemple, n'est pas complètement indépendant: son principal client, c'est la Nasa. C'est lui qui ravitaille la station spatiale."

Propos recueillis par Romain Clivaz

Adaptation web: Eric Butticaz

Publié le 14 mai 2018 - Modifié jeudi à 10:02