Modifié le 09 mai 2018

Jacques Dubochet: "La célébrité n'est pas facile à vivre, on se sent dépassé"

Jacques Dubochet publie "Parcours"
Jacques Dubochet publie "Parcours" (vidéo) Le 12h30 / 12 min. / le 09 mai 2018
Le prix Nobel de chimie suisse Jacques Dubochet vient de publier "Parcours" (éditions Rosso), un ouvrage autour de la vie et des sciences. Dans le 12h30 mercredi, il explique comment sa récente notoriété a changé sa vie.

C'est surtout après avoir reçu son prix Nobel en 2017 que Jacques Dubochet a voulu écrire son ouvrage. "J'écrivais tout le temps des petites choses sur un blog que personne n'allait voir. J'avais toujours l'idée de mettre en place mes immenses idées. Lorsqu'est arrivé le prix Nobel, cela m'a donné une voix. J'ai été pris dans ce tourbillon (médiatique) et j'ai voulu préciser de quoi je parlais", dit-il.

Le Morgien de 75 ans admet toutefois que sa récente célébrité n'a pas toujours été simple à gérer: "Ce n'est pas facile à vivre. On est dépassé. Je croyais avoir une vie harmonieuse et, soudainement, on vous offre des possibilités incroyables et il faut faire des choix."

Sa notoriété lui a permis de rencontrer beaucoup de jeunes. Des contacts que le scientifique apprécie particulièrement. "La partie la plus agréable c'est la rencontre avec les jeunes, avec les dyslexiques (Jacques Dubochet est un ancien dyslexique, ndlr) et avec les enfants en difficulté. Deux choses m'enrichissent beaucoup: le contact avec les jeunes et avec les médias."

"La connaissance doit être un bien commun"

Jacques Dubochet a répété sa conviction quant à la science comme bien commun: "Elle ne doit pas être à disposition de chacun pour faire du fric ou répondre à des intérêt personnels."

Selon lui, les médicaments devraient être gérés par l'Organisation mondiale de santé (OMS). "J'étais un employé de la communauté internationale - puisque je travaillais dans un laboratoire européen - pour créer du savoir. Et il n'a jamais été question de privatiser ce savoir ou d'en faire des brevets. C'était mis à disposition du public. Si les mêmes choses étaient développées maintenant, il y aurait probablement des pressions pour créer des brevets."

Propos recueillis par Nadine Haltiner

Publié le 09 mai 2018 - Modifié le 09 mai 2018