Modifié le 19 juin 2018 à 11:07

Agrandir ses fesses par la chirurgie, une mode qui touche aussi la Suisse

L'augmentation du volume des fesses est à la mode!
La chirurgie pour augmenter le volume de ses fesses On en parle / 10 min. / le 27 avril 2018
Entre 2015 et 2016, les interventions chirurgicales destinées à augmenter le volume des fesses ont bondi de 17% dans le monde. Le phénomène, mis en lumière notamment par des stars de la téléréalité et des chanteuses, touche aussi la Suisse.

Il y a une dizaine d’années, Pamela Anderson représentait une certaine idée de la femme fatale avec sa taille fine et sa poitrine imposante. Aujourd’hui, les Kim Kardashian, Nicki Minaj ou Iggy Azalea montrent que la mode est plutôt aux popotins proéminents. 

A tel point que la demande d’opérations chirurgicales visant à augmenter le volume des fesses explose dans le monde: +17% entre 2015 et 2016, a recensé la Société internationale de chirurgie esthétique plastique (ISAPS).

En Suisse, aucune donnée globale n'est disponible. Mais les chirurgiens opérant en Suisse romande contactés par la RTS confirment tous cette tendance à la hausse, entre 15 et 25% en moyenne.

Influence des réseaux sociaux

Deux techniques existent pour gonfler le fessier: par implant ou par transfert de graisse. Avec la transplantation de graisse, "rien ne se perd", indique Pierre Quinodoz, chirurgien esthétique à Genève. "Enlever d'un côté pour réimplanter ailleurs" explique en partie la hausse de la demande pour ce type d'interventions, selon le représentant suisse à l'ISAPS.

Est-ce à dire qu'une vague de sosies de Kim Kardashian va débarquer en Suisse? Non, si on en croit Julia (prénom d'emprunt, ndlr), une jeune femme de moins de 30 ans opérée l'année dernière: "Vu que je n'avais rien du tout, je l'ai fait simplement pour avoir des fesses, pour être proportionnelle."

Mais ce n'est pas le cas de tout le monde, surtout chez les plus jeunes qui peuvent être influencés par les réseaux sociaux, avertit le chirurgien Xavier Tenorio. Par ailleurs, ce spécialiste indique qu'il lui arrive parfois de refuser d'opérer.

Le chirurgien Xavier Tenorio.
Aesthetics Clinic
Le 12h30 - Publié le 27 avril 2018

"Bombe dans les mains"

Concrètement, une opération chirurgicale des fesses n'est pas une "intervention anodine", prévient Pierre Quinodoz. Pour lui, le danger réside dans le fait de banaliser cet acte chirurgical: "En tant que plasticiens, nous avons une bombe dans les mains et nous devons bien le faire comprendre, surtout aux jeunes."

D'autant que la liste des potentielles complications est longue, quelle que soit la technique utilisée, rappelle Xavier Tenorio. Des hématomes, des hémorragies, des infections, voire des embolies graisseuses peuvent intervenir. Pire, l'intervention chirurgicale peut être mortelle. En 2017, trois personnes sont décédées rien que dans l'Etat de Floride, aux Etats-Unis, suite à une opération des fesses, liste un rapport de l'ISAPS.

Pour éviter les mauvaises surprises, Xavier Tenorio conseille de choisir un chirurgien affilié à la Société suisse de chirurgie (SSC). D'autre part, si se faire opérer à l'étranger peut être moins coûteux, cela peut aussi impliquer de mettre sa vie en danger. Le "jeu n'en vaut pas la chandelle", conclut le plasticien.

Stefan Renna

Publié le 27 avril 2018 à 15:49 - Modifié le 19 juin 2018 à 11:07