Modifié le 08 mars 2018 à 09:14

Le cerveau cesserait de produire les neurones de la mémoire dès 13 ans

Une nouvelle étude affirme que la production des cellules de la mémoire ne se ferait plus dès l'âge de 13 ans.
Une nouvelle étude affirme que la production des cellules de la mémoire ne se ferait plus dès l'âge de 13 ans. [Сергей Лабутин - Fotolia]
Dès l'âge de 13 ans, la partie du cerveau humain sollicitée pour l'apprentissage et la mémoire semble cesser de produire des cellules, selon une étude hispano-américaine publiée mercredi dans Nature.

De nombreux scientifiques estimaient que la région de l'hippocampe continuait à fabriquer de nouveaux neurones chaque jour à un âge adulte avancé, comme chez d'autres mammifères.

"Nous n'avons trouvé aucune trace de neurones jeunes ni les cellules-souches qui génèrent des neurones par division" dans les hippocampes de sujets de plus de 18 ans, a expliqué l'un des auteurs de l'étude, réalisée par des chercheurs américains et espagnols.

Elle repose sur l'analyse de prélèvements dans 59 cerveaux d'enfants et d'adultes.

"D'autres régions" cérébrales à explorer

Les chercheurs ont trouvé quelques neurones neufs chez les enfants âgés de moins d'un an, et "peu à 7 et 13 ans". Ces résultats montrent "que l'hippocampe humain est en grande partie fabriqué lors du développement du cerveau chez le foetus".

Des neurones neufs ont été trouvés dans les ventricules du cerveau, et "d'autres régions" restent à explorer pour déterminer si elles sont le siège d'une neurogenèse.

ats/jvia

Publié le 08 mars 2018 à 07:35 - Modifié le 08 mars 2018 à 09:14

Une étude qui fait polémique

Dans un commentaire publié par Nature, un neuroscientifique de l'université de Colombie-Britannique, Jason Snyder, affirme que ces conclusions "sont certaines de susciter la polémique" et méritent d'être soumises au regard critique d'autres chercheurs.

"Plusieurs études" sont à l'origine d'un "consensus général selon lequel l'hippocampe est une région où la neurogenèse existe chez les humains comme chez les animaux", rappelle-t-il.

Mais pour les auteurs de cette nouvelle étude, leurs prédécesseurs pourraient s'être trompés en pensant détecter de nouveaux neurones issus de l'hippocampe. La protéine qui leur avait servi de marqueur ne fonctionne en effet pas de la même façon chez les rongeurs ou les singes que chez les humains, avancent-ils.