Modifié le 23 octobre 2017 à 14:32

La consommation d'informations en ligne dépasse celle de la TV et la radio

Les jeunes privilégient les médias sociaux pour s'informer.
Quelque 40% des Suisses s'informent par les canaux numériques Le 12h30 / 2 min. / le 23 octobre 2017
En Suisse, les utilisateurs des médias s'informent surtout sur les sites d'actualité (32%) ou les médias sociaux (9%). Les canaux numériques ont ainsi dépassé la TV (30%) et la radio (9%) en tant que principale source.

Le nombre de consommateurs qui recherchent des informations dans la presse écrite atteint 18%, mais ce canal est beaucoup plus important en Suisse que dans plusieurs autres pays européens (généralement moins de 10%), indique lundi l'étude Annales 2017 sur la qualité des médias de l'institut fög.

Chez les 18-24 ans, les sites d'actualité arrivent en tête de la consommation (34%) devant les médias sociaux (24%), alors que la TV est distancée (14%). Celle-ci reste en revanche la source d'informations la plus utilisée par les plus âgés, devant la presse.

L'influence des moteurs de recherche

Lorsque les Suisses consomment des nouvelles en ligne, ils le font de plus en plus souvent sur des plateformes d'intermédiaires, via des "clusters" d'articles dans les listes de résultats, au moyen de recommandations personnalisées et sur les fils d'actualités. Les utilisateurs accèdent aux nouvelles à travers les moteurs de recherche ou en y étant exposés sur les médias sociaux, par exemple.

Au final, en Suisse, environ 30% des lecteurs ne consomment plus l'information sur les sites de marques de médias spécifiques.

Facebook et Google omniprésents

En parallèle, la domination des trois réseaux sociaux appartenant à Facebook et Google continue d'augmenter. Facebook (35%), WhatsApp (21%, propriété de Facebook) et Youtube (23%, propriété de Google) sont devenus, hors sites de marques de médias spécifiques, les plus importantes plateformes pour les nouvelles.

Selon cette étude, Facebook influence négativement la qualité générale de l'offre. Partant du principe que le réseau social joue avant tout sur l'émotion, les diffuseurs de médias traditionnels ont tendance à proposer sur Facebook une qualité de contenus inférieure comparée à celle offerte sur leurs propres canaux.

Certains d'entre eux réussissent néanmoins à déclencher de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux en y offrant de la bonne qualité. Il s'agit de médias exigeants dont l'offre sur ces plateformes demeure conforme à celle qu'ils proposent ailleurs.

ats/boi

Publié le 23 octobre 2017 à 12:27 - Modifié le 23 octobre 2017 à 14:32

La diversité mise à mal

La diversité des journaux et de leurs contenus est mise à mal par la concentration de la presse, selon la même étude. La qualité de l'information dans son ensemble n'en souffre pas, pour l'heure du moins, car elle se maintient voire progresse, notamment sur internet.

En 2016, les trois plus grands éditeurs suisses contrôlaient 71% du marché d'utilisation des médias d'information professionnels - écrits ou en ligne - en Suisse alémanique, indique l'étude. En Suisse romande et au Tessin, c'est même 88%. Une concentration qui limite à la fois la diversité des diffuseurs de médias et celle des contenus.

Les organisations médiatiques ressemblent toujours plus à des entreprises qui ne fondent plus leur principal marché sur le journalisme, mais dans des activités plus ou moins éloignées, note encore l'étude.

La SSR bien notée

Pour les auteurs de l'étude Annales 2017, la plupart des titres offrent toujours une bonne ou très bonne qualité. Un fait "remarquable", surtout quand l'on sait que la situation des ressources du marché suisse de l'information s'est détériorée récemment en raison de la baisse des revenus publicitaires et de la réduction du personnel dans les rédactions.

Les émissions radio et TV de la SSR figurent en tête du classement établi par l'étude. A la 3e place, les journaux du dimanche et magazines, dont l'offre est moins pertinente et diversifiée, mais qui sont comparables en termes de professionnalisme et de mise en perspective. Les offres les plus utilisées émanant des éditeurs Tamedia et Ringier sont elles jugées d'une qualité nettement moindre.