Modifié le 05 septembre 2017 à 08:19

La maison autonome, un fantasme hippie qui prend vie

Les "Earthship", des maisons autonomes en matériaux recyclables, ont longtemps fait figure de lubies. Aujourd'hui, elles sont au coeur d'une communauté de 220'000 personnes. Reportage sur un chantier.

A Biras, petit village à deux heures de route de Bordeaux, la maison de Benjamin et Pauline est sortie de terre. Et cette maison n'est pas comme les autres puisqu'elle est pensée pour être totalement autonome.

Elle récolte l’eau de pluie et la filtre. Elle gère la température sans chauffage. L’électricité vient des panneaux solaires et surtout, la demeure produit la nourriture, grâce à une serre intérieure. "Tu as une sorte d’autosuffisance, ça respecte un principe humain de base", explique Benjamin.

Le concept, vient de Michael Reynolds, installé dans le désert près de Taos, au Nouveau Mexique. Dans les années 1970, ce jeune architecte a une idée fixe, créer une maison autonome, en utilisant surtout des matériaux de recyclage. Des pneus sont utilisés pour les murs, des bouteilles de verre ou des canettes pour l’isolation de ce qui deviendra un "Earthship".

Des Suisses dans l'aventure

Autrefois perçue comme une utopie qui prêtait à sourire, le concept séduit plus largement. Pour construire leur maison, Benjamin et Pauline ont eu besoin d’un mois, pas plus. Une centaine de bénévoles sont venus participer au chantier.

Ils viennent de partout dans le monde et notamment de Suisse. Sarah et Céline sont respectivement bâloise et zurichoise. Elles ont passé un mois sur le chantier et ont même payé 2500 francs en plus de leurs frais pour être de l'aventure. Sarah explique avoir fait le déplacement parce qu'elle voulait "absolument savoir comment on construit l’Earthship".

La communauté autour de l'"Earthship" compterait aujourd'hui 220'000 personnes dans le monde. Son inventeur, Michael Reynolds, explique ce succès par le fait que "les gens commencent à avoir peur du futur". La pollution, la raréfaction des ressources favoriseraient ces habitats auprès de gens qui ne veulent "pas seulement sauver la planète, mais des gens qui essaient de se sauver eux-mêmes".

360'000 francs pour une maison, terrains compris

Le mouvement a aussi ses détracteurs qui estiment notamment que ces maisons ne sont pas adaptées pour la ville. Très individualistes, elles utilisent beaucoup d’espace pour peu d’occupants. Quoi qu'il en soit, Benjamin, nouveau propriétaire d'un "Earthship", estime que son expérience prouve que "c’est faisable". Avec l’achat du terrain, la maison du couple aura coûté 360’000 francs.

Antoine Multone

Publié le 05 septembre 2017 à 08:16 - Modifié le 05 septembre 2017 à 08:19