Modifié le 15 mai 2017 à 14:13

"Quand il y aura un Hiroshima 'cyber', il y aura une prise de conscience"

La Suisse n'est "pas préparée" à une cyberattaque d'ampleur, selon André Kudelski
La Suisse n'est "pas préparée" à une cyberattaque d'ampleur, selon André Kudelski L'actu en vidéo / 2 min. / le 15 mai 2017
Après la cyberattaque mondiale de ce week-end, André Kudelski plaide pour une "prise de conscience" en Suisse. Selon l'entrepreneur vaudois, "il y a une sensibilité beaucoup plus grande à la cybersécurité de l'autre côté de l'Atlantique".

"On a l'impression, parfois, en Suisse, d'être dans un cocon et d'être à l'abri des attaques", relève André Kudelski lundi dans le Journal du matin de la RTS, réagissant à la cyberattaque qui a fait plus de 200'000 victimes dans 150 pays depuis vendredi.

Or, "quand on parle de cybersécurité, il n'y a pas de frontière", rappelle le président et administrateur délégué du groupe Kudelski, une société spécialisée dans le sécurisation des contenus numériques.

Changer les mentalités

Pour parer à de telles attaques, il faut que l'Etat et les sociétés investissent dans la cybersécurité. Mais pour André Kudelski, la priorité est "une prise de conscience qui ne soit pas uniquement politique ou dans les entreprises: il faut une vague de fond."

Malheureusement, il faut parfois des événements spectaculaires pour changer les mentalités, regrette l'entrepreneur vaudois. "Le jour où il y aura un Hiroshima ou un Fukushima en matière 'cyber', il y aura une vraie prise de conscience", avance-t-il.

>> Lire aussi: Microsoft appelle à une "prise de conscience" après la cyberattaque

La Suisse "pas préparée"

Et André Kudelski d'évoquer la possibilité d'attaques dans le futur "qui pourraient être beaucoup plus dangereuses" que celle de ce week-end, par exemple une offensive qui paralyserait le réseau électrique ou le réseau de soins.

"Si vous avez une panne d'électricité qui dure une semaine, toute la chaîne du froid est rompue, tout le système de transport est perturbé", argumente-t-il, estimant que la Suisse n'est "pas préparée" à une gigantesque cyberattaque de ce type.

>> L'intégralité de l'interview d'André Kudelski:

L'invité de la rédaction – André Kudelski, président et administrateur délégué du groupe Kudeslki
L'invité de la rédaction - Publié le 15 mai 2017

Didier Kottelat

Publié le 15 mai 2017 à 09:18 - Modifié le 15 mai 2017 à 14:13