Modifié le 28 février 2017

Un capteur sans fil qui pourrait modifier le quotidien dans les blocs opératoires

Opération médicale: un capteur high-tech à la place de câbles
Opération médicale: un capteur high-tech à la place de câbles 19h30 / 2 min. / le 28 février 2017
Le CHUV et le Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) de Neuchâtel ont imaginé un capteur sans fil qui pourrait désencombrer les blocs opératoires et améliorer le suivi des patients.

Lors d'une opération sous anesthésie, de nombreux paramètres vitaux du malade sont surveillés tout au long de l'intervention, comme la pression artérielle, la fréquence cardiaque ou respiratoire. Chacun de ces indicateurs implique aujourd'hui la présence de capteurs spécifiques, parfois très invasifs, reliés par de multiples câbles à des moniteurs. 

Afin de s'affranchir de ces fils parfois encombrants pour le personnel soignant et améliorer le suivi des patients, une équipe de médecins du CHUV et d'ingénieurs du CSEM a mis au point un patch innovant.

Leur petit capteur truffé de technologie, collé sur le thorax, surveille les paramètres vitaux de manière non invasive et continue dans le temps. Il envoie ces données via bluetooth à une tablette. Des indications qui permettent ensuite aux anesthésistes d'adapter les substances à administrer au patient, si nécessaire.

"Le challenge a été de regrouper toutes les technologies qui existent déjà pour mesurer les paramètres vitaux et de les mettre toutes dans un seul capteur qui arrive à les mesurer en même temps", a expliqué Josep Solà, ingénieur au CSEM, interrogé dans le 19h30.

Un capteur qui suit le patient

Le système arrive actuellement en fin de phase de test au CHUV. Alors que les résultats préliminaires sur plus de 40 patients sont d’ores et déjà prometteurs, l’équipe travaille maintenant à miniaturiser le capteur. "Pour l’instant c’est un prototype qu’il faut améliorer pour pouvoir l’utiliser tous les jours", a précisé à la RTS le Professeur Patrick Schoettker.

Cette miniaturisation pourrait également permettre au patch de suivre et monitorer de manière continue le patient depuis son entrée à l'hôpital jusqu'à sa sortie. Alors que jusqu'ici, à chaque étape de sa prise en charge, les capteurs sont enlevés puis rebranchés. "On pourrait imaginer dans un monde idéal que le capteur sans fil  suive le patient tout au long de son séjour hospitalier", a encore précisé le Patrick Schoettker.

Le système pourrait également, à l'avenir, servir lors de la prise en charge de certains malades en ambulatoire "par exemple pour des patients qui ont une pression artérielle élevée, et qui doivent la mesurer régulièrement. Il suffirait de leur coller cet autocollant et par transmission sans fil avoir accès aux données nécessaires pour leur sécurité et la surveillance de leur maladie", a expliqué le Professeur Schoettker.

Forte concurrence

Plusieurs équipes de recherche de par le monde planchent sur la question. Le CSEM travaille sur ce type de capteurs depuis 15 ans. Des multinationales s’y intéressent. "Nous avons aujourd’hui des demandes industrielles de transfert de cette technologie à des produits concrets", a précisé Josep Solà.

Natalie Bougeard

Publié le 28 février 2017 - Modifié le 28 février 2017