Modifié le 07 février 2017

Le vélib connecté au smartphone fait un tabac dans les villes chinoises

Les vélos en libre service se multiplient dans les villes chinoises.
Des "vélibs" d'une nouvelle génération se multiplient en Chine Tout un monde / 6 min. / le 07 février 2017
Le vélo en libre service connaît un boom en Chine grâce à un fonctionnement novateur: l'utilisateur le localise et le déverrouille via smartphone, il l'utilise à un prix très bas et le dépose où bon lui semble.

Alors que la Chine suffoque fréquemment sous un nuage de pollution, l'une des solutions viendra peut-être du vélo. Dans plusieurs villes du pays, les fameux tuk-tuk, sorte de tricycle motorisé destiné à transporter des passagers, ont tendance à disparaître, d'une part au profit des transports publics, mais aussi et surtout des vélos en libre service.

Et le succès du vélib est grandissant depuis quelques mois, essentiellement dans les grandes villes comme Pékin, Shanghai, Shenzhen et Canton. Les utilisateurs y voient un intérêt pour éviter les embouteillages et se déplacer plus rapidement, explique mardi l'émission Tout un monde de la RTS.

On l'abandonne où on le souhaite

L'attrait des Chinois pour le vélo en libre service tient aussi à des avancées technologiques qui rendent son utilisation beaucoup plus aisée. Plusieurs start-up chinoises rivalisent aujourd'hui de projets novateurs pour conquérir ce marché lucratif et certaines entendent même exporter le concept hors du pays, San Francisco et Londres seraient notamment intéressés.

L'innovation la plus remarquable concerne le recours aux smartphones: c'est grâce au GPS de son téléphone qu'on localise le vélo le plus proche de soi, qui ne se trouve pas forcément dans une station d'accueil. Et c'est avec son téléphone qu'on paie l'utilisation du vélo, pour un yuan de l'heure, soit 15 centimes. Et pour le déverrouiller et le verrouiller à nouveau, on a recours à un QR code disponible aussi via smartphone.

Et, autre innovation, l'utilisateur peut ensuite abandonner son vélib où cela l'arrange. Plus besoin de trouver une station d'accueil et une place libre dans la station. Plus besoin de laisser son vélo à dix minutes de marche de son lieu de rendez-vous. C'est surtout cette liberté qui a démocratisé son emploi en Chine.

Des problèmes, mais surtout un côté branché et attrayant

Ce nouveau dispositif ne se développe toutefois pas sans heurt. Vélos volés ou cassés concernent environ 10% des véhicules mis à disposition. Et des cas de privatisation des vélos, avec blocage via un cadenas personnel, sont aussi constatés, si bien que les autorités chinoises ont adopté récemment une nouvelle loi qui punit cette pratique de quinze jours de prison.

En outre, les taxis traditionnels ont lancé une guerre contre les vélib et de nombreux vélos ont été vandalisés ces derniers mois. Mais au-delà de ces problèmes, le vélopartage est surtout vu comme un moyen de transport branché, loin de l'image du vieux vélo utilisé par les plus pauvres.

Raphaël Grand et Frédéric Boillat

Publié le 07 février 2017 - Modifié le 07 février 2017