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Découverte de Proxima b, l'exoplanète la plus proche de la Terre

Vue d'artiste de la surface de Proxima b, tournant autour de la naine rouge Proxima Centauri, l'étoile la plus proche du système solaire. [European Southern Observatory - keystone]
Vue d'artiste de la surface de Proxima b, tournant autour de la naine rouge Proxima Centauri, l'étoile la plus proche du système solaire. [European Southern Observatory - keystone]
Une nouvelle exoplanète a été découverte: Proxima b, dans l'orbite de l'étoile Proxima Centaure. Selon Willy Benz de l'Université de Berne, elle ouvre des perspectives scientifiques pour tous les experts du cosmos.

C'est la première fois qu'une planète en dehors de notre système solaire, se situe à la fois dans la zone habitable et qu'elle présente une masse à peu près comparable à celle de la Terre, a commenté le professeur Willy Benz.

Vue du ciel austral au-dessus du télescope de 3,6 m de l'ESO à La Silla (Chili), qui a permis la détection de l'exoplanète Proxima b. Celle-ci est en orbite autour de la naine rouge Proxima Centauri (en bas à droite) voisine des étoiles Alpha Centauri A et B (à gauche), qui constituent le système stellaire le plus proche du nôtre. [EUROPEAN SOUTHERN OBSERVATORY - AFP]
Vue du ciel austral au-dessus du télescope de 3,6 m de l'ESO à La Silla (Chili)

Composition inconnue

On ne sait cependant pas encore clairement si les conditions propres à la vie règnent sur Proxima b. "Cela ne dépend pas seulement de la distance entre l'exoplanète et l'étoile autour de laquelle elle est en orbite, mais aussi de son atmosphère", poursuit le professeur Benz. Or nous ne connaissons pas encore sa composition (voir encadré).

Les auteurs de l'article paru mercredi dans la revue Nature restent encore prudents sur les caractéristiques de Proxima b. Ils ont effectué leurs recherches sur la base de mesures à l'Observatoire européen austral (ESO), au Chili. Ils ont pu mesurer une perturbation de l'étoile, qui se produit à cause de la force d'attraction de l'exoplanète.

Comparaison de l’orbite de la planète Proxima b et de son étoile avec la même région du système solaire. La zone où pourrait subsister de l'eau liquide est représentée en vert. [EUROPEAN SOUTHERN OBSERVATORY - AFP]Comparaison de l’orbite de la planète Proxima b et de son étoile avec la même région du système solaire. La zone où pourrait subsister de l'eau liquide est représentée en vert. [EUROPEAN SOUTHERN OBSERVATORY - AFP]

ats/fme

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Une percée

Cette découverte renouvelle complètement la recherche dans le domaine des exoplanètes. "En 1995, la première a été observée et, depuis, plus de 3000 corps spatiaux similaires ont été trouvés", raconte Willy Benz, professeur à l'Université de Berne.

Désormais on a une exoplanète potentiellement habitable et située dans l'orbite de l'étoile la plus proche du système solaire, Proxima Centaure. "Environ 70 à 80% des étoiles à proximité immédiate du Soleil appartiennent au même type d'étoiles que Proxima Centaure, à savoir des naines rouges, des étoiles froides", poursuit Willy Benz. "Si notre voisin spatial possède une planète jumelle de la Terre, il y a fort à parier qu'il y en ait beaucoup d'autres".

Propriétés encore inconnues

Les chercheurs n'ont pour l'heure que des indices indirects sur l'existence et les composantes de Proxima b. Les astrophysiciens vont désormais s'atteler à mesurer le diamètre de Proxima b. "Pour ce faire, nous avons besoin d'un passage de l'exoplanète devant son étoile, observé de la Terre", précise le professeur bernois.

Selon l'angle de l'obscurcissement de l'étoile, il sera alors possible de calculer le diamètre de l'exoplanète puis, à partir de sa masse, d'en déduire sa densité. "Ce n'est qu'à partir de là que nous saurons s'il s'agit d'une planète rocheuse", explique le scientifique.

Un nouveau télescope est en cours de construction au Chili. Il sera opérationnel en 2025 et permettra de voir directement Proxima b.