Modifié le 06 août 2016 à 11:57

Le rêve d'une nouvelle particule élémentaire s'évanouit au CERN

L'Organisation européenne pour la recherche nucléaire gère le grand collisionneur de hadrons LHC, un anneau de 27 kilomètres sous la frontière franco-suisse.
L'Organisation européenne pour la recherche nucléaire gère le grand collisionneur de hadrons LHC, un anneau de 27 kilomètres sous la frontière franco-suisse. [Laurent Gillieron - Keystone]
Les espoirs d'avoir découvert une nouvelle particule élémentaire ont été broyés vendredi, lors d'une conférence à Chicago. Ils étaient nés dans le plus grand accélérateur de particules au monde au CERN, près de Genève.

Les analyses des données menées depuis décembre 2015 ont révélé que la fluctuation découverte par deux équipes indépendantes était une fluctuation statistique et non pas le signe de l'existence d'une nouvelle particule élémentaire, selon un communiqué du CERN. L'Organisation européenne pour la recherche nucléaire gère le grand collisionneur de hadrons LHC.

C'est dans cet anneau de 27 km creusé sous terre à cheval sur la frontière franco-suisse près de Genève que les scientifiques font s'écraser des particules entre elles à très grande vitesse pour tenter de détecter de nouvelles briques de la matière.

Le LHC a déjà permis en 2012 de confirmer l'existence du boson de Higgs, considéré comme la clé de voûte de la structure fondamentale de la matière.

ats/jgal

Publié le 06 août 2016 à 11:57 - Modifié le 06 août 2016 à 11:57

Déception et espoir dans la communauté scientifique

"Pas de nouvelle particule annoncée aujourd'hui à #ICHEP2016, mais c'est comme ça que fonctionne la science", a twitté le Fermilab, le centre de recherche de physique des particules le plus éminent des Etats-Unis, et un concurrent du CERN.

Sur son blog "RésonAAnces", le chercheur Adam Falkowski avait fait éclater la bulle il y a une semaine dans un billet intitulé "After the hangover (Après la gueule de bois)", soulignant que plus de 500 articles avaient été écrits sur ce qui s'est révélé n'être qu'une fluctuation statistique.

"Plusieurs petits pas, mais pas de grand bond en avant", se résigne pour sa part la physicienne Pauline Gagnon sur son blog.

Pour Themis Bowcock, de l'université de Liverpool interrogé au téléphone par l'AFP, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. "Le fait que ce ne soit pas confirmé pour le moment nous en dit un peu plus sur l'essence même de la nature", a-t-il expliqué.