Modifié le 24 avril 2016 à 22:05

La Dépakine, un médicament contre l'épilepsie qui nuit aux foetus

Le Dépakine se trouve au cœur d’un nouveau scandale sanitaire
La Dépakine se trouve au cœur d’un nouveau scandale sanitaire 19h30 / 3 min. / le 24 avril 2016
La Dépakine est l'un des médicaments les plus efficaces pour lutter contre l'épilepsie et les troubles bipolaires, mais les effets secondaires sur les foetus durant la grossesse peuvent être graves, selon une enquête de la RTS.

Commercialisée depuis 1978 en Suisse, la Dépakine est vendue en quantité importante en Suisse, plus 168'500 boîtes en 2015. Il faut dire que son efficacité contre les crises d'épilepsie est reconnue par les médecins.

Toutefois, des malformations congénitales, des retards de développement, des problèmes cardiaques, des malformations de la colonne ou des troubles autistiques ont été constatés chez 30 à 40% des enfants nés de mères prenant ce médicament. Et ces femmes n'ont pas été prévenues des effets secondaires, témoigne l'une d'elle dimanche dans le 19h30 de la RTS.

Un logo visible prochainement

Et si les risques étaient connus par la communauté scientifique, il a fallu attendre 2006, soit près de 30 ans après son introduction sur le marché, pour que la notice de la Dépakine change et mentionne un risque légèrement plus élevé d'avoir un enfant anormal. Et ce n’est qu'en 2015 que les effets secondaires sont clairement annoncés.

Depuis 2015, un formulaire de consentement doit aussi être signé par toutes les femmes prenant de la Dépakine. Mais, en Suisse, l’emballage n’a pas changé, contrairement à la France où un logo très visible a été rajouté. La demande de changement a toutefois été validée cette semaine par Swissmedic mais le pictogramme doit encore subir une dernière modification avant de faire son apparition dans les pharmacies.

Un décompte difficile

En France, selon un dernier décompte, 193 "enfants Dépakine" sont nés dans la région Rhône-Alpes-Auvergne contre seulement 9 en Suisse, pour un bassin de population quasi similaire. Mais il pourrait y avoir plus de cas, car la Suisse se base uniquement sur les annonces spontanées des parents et des médecins.

Toujours en France, quatre plaintes pénales ont été déposées contre Sanofi, ainsi qu'une quinzaine de procédures au civil. Paris envisage par ailleurs de mettre en place un fond d'indemnisation des victimes, car leur nombre augmente toujours.

>> Les précisions du docteur David Baud, obstétricien au CHUV:

Scandale du Dépakine: entretien avec le docteur David Baud, obstétricien (CHUV)
19h30 - Publié le 24 avril 2016

Cécile Tran-Tien/boi

Publié le 24 avril 2016 à 20:45 - Modifié le 24 avril 2016 à 22:05