Modifié le 18 février 2016 à 10:41

Le nombre d'attaques au pointeur laser contre des avions a explosé

L'avion de la compagnie Virgin Atlantic survolait l'Irlande quand il a été visé par un laser.
Les attaques au laser contre les avions de ligne se multiplient Tout un monde / 5 min. / le 17 février 2016
Les attaques au laser font désormais partie du quotidien de l’aviation civile partout dans le monde, mais aucune protection n'existe encore, estime le spécialiste Michel Polacco dans Tout un monde.

Lundi, un avion de la compagnie Virgin Atlantic a dû faire demi-tour peu après son décollage de l'aéroport de Londres-Heathrow après avoir été visé par un rayon laser. Ce type de cas, très rare par le passé, est aujourd'hui fréquent. Depuis 2010, on en compte 2800 par année dans le monde.

>> Lire: Un avion fait demi-tour après avoir été visé par un laser

En cause, la présence accrue sur le marché de lasers plus puissants et moins chers, interdits dans de nombreux pays mais disponibles sur internet, a expliqué lundi le pilote et journaliste spécialiste de l'aéronautique à Radio France Michel Polacco à la RTS.

Plus de 100 cas par an en Suisse

En Suisse, l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) mène depuis 2009 des campagnes de sensibilisation auprès des aéroports et de Skyguide afin qu'ils annoncent systématiquement chaque attaque. Après en avoir enregistré 45 en 2009, leur nombre est passé à plus de 100 à partir de 2010.  Un pic a été observé en 2013 (136 cas sur des avions et 14 sur des hélicoptères), mais le nombre d'attaques au pointeur laser reste plutôt stable, avec une tendance légère à la baisse (108 cas sur des avions et 15 sur des hélicoptères en 2015).

Par ailleurs, des avis sont régulièrement publiés par les compagnies aériennes pour avertir les pilotes du risque dans certains aéroports: Paris Charles-de-Gaulle et Orly, celui du Caire, de Dallas ou ceux de Londres sont notamment cités.

Cécité partielle

"L'atterrissage n'est pas toujours automatique. Si le pilote décide de faire une approche manuelle, cela peut avoir une influence très claire sur la trajectoire de l'avion", décrit Michel Polacco.

"Le laser provoque des picotements, voir une cécité partielle. De plus, le pilote peut simplement être distrait, inquiété par les dégâts que le rayon peut faire à ses yeux, dans un moment crucial du vol", précise-t-il.

"Aucune protection infaillible"

Il n'existe encore aucune protection infaillible, qui dévie véritablement le rayon du pointeur laser sans avoir d'influence sur la vision.

Michel Polacco, pilote et journaliste spécialisé dans l'aéronautique

Airbus mène actuellement des tests sur des films sur le pare-brise afin de filtrer les rayons laser. Toutefois, "aucune protection infaillible, qui dévie véritablement le rayon du pointeur sans avoir d'influence sur la vision" n'est au point pour l'heure, selon Michel Polacco. La seule mesure en vigueur est l'interdiction de certains pointeurs laser, notamment en Europe et en Suisse.

Plusieurs personnes ont été interpellées, notamment en Grande-Bretagne ou en France, pour avoir commis ce type d'agression. "Ce sont généralement des personnes qui s'amusent, des jeunes, ou des personnes déséquilibrées", souligne Michel Polacco, réfutant toute forme de "terrorisme".

jvia

Publié le 17 février 2016 à 11:42 - Modifié le 18 février 2016 à 10:41