Modifié le 15 décembre 2015 à 11:38

Risque d'autisme accru en cas de prise d'antidépresseurs durant la grossesse

Les antidépresseurs ont des effets sur le développement du bébé in utero.
Les antidépresseurs pris durant la grossesse augmentent le risque d'autisme CQFD / 11 min. / le 15 décembre 2015
La prise d'antidépresseurs durant la grossesse accroîtrait de 87% le risque d'autisme pour l'enfant, selon une étude publiée lundi . Six à 10% des femmes enceintes se voient prescrire ce type de médicaments.

Leurs travaux paraissent dans le Journal of the American Medical Association, Pediatrics. "Les diverses causes de l'autisme demeurent incertaines, mais des travaux ont démontré que la génétique et l'environnement pouvaient être des facteurs de risque", explique la professeur Anick Bérard, principal auteur de cette étude.

145'456 enfants suivis

"Notre recherche a permis d'établir que le fait de prendre des antidépresseurs, surtout ceux agissant sur la sérotonine (un neurotransmetteur) pendant les deuxième et troisième trimestres de grossesse, double quasiment le risque d'autisme chez l'enfant", ajoute-t-elle.

La Dr Bérard et son équipe ont suivi 145'456 enfants dans la province de Québec de leur conception à l'âge de dix ans, ainsi que la prise d'antidépresseurs par leur mère enceinte. Ils ont également étudié un ensemble d'autres facteurs pouvant contribuer à l'autisme.

ats/olhor

Publié le 14 décembre 2015 à 17:11 - Modifié le 15 décembre 2015 à 11:38

Prédispositions génétiques

Certaines personnes sont ainsi génétiquement prédisposées à ce trouble si elles ont des antécédents familiaux. L'âge de la mère et la dépression sont également potentiellement liées à l'apparition de l'autisme, tout comme certains facteurs socioéconomiques telle la pauvreté.

"Nous avons défini l'exposition aux antidépresseurs comme correspondant à au moins une ordonnance prescrite à une femme enceinte pendant le deuxième ou troisième trimestre de grossesse", précise la professeur Bérard.

Elle explique avoir choisi cette période car elle correspond au moment où le cerveau du bébé franchit une étape cruciale de son développement, indique-t-elle.

1054 enfants ont été diagnostiqués à l'âge de 4,5 ans en moyenne

Parmi les enfants sur lesquels portait l'étude, les chercheurs ont ensuite retenu ceux chez qui une forme d'autisme avait été diagnostiquée en vérifiant les dossiers médicaux de leur mère.

Dans cette recherche, 1054 enfants ont été diagnostiqués à l'âge de 4,5 ans en moyenne, soit 0,72% de l'échantillon étudié. L'incidence de l'autisme chez les enfants a augmenté, passant de 4 pour 10'000 enfants en 1966 à 100 pour 10'000 aujourd'hui.