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Les Suissesses congèlent de plus en plus leurs ovules

Un stock d'ovules congelés. [Lex Van Lieshout - Keystone]
Un stock d'ovules congelés. [Lex Van Lieshout - Keystone]
Alors que l'âge de la première maternité recule d'année en année en Suisse, les demandes de congélation d'ovocytes dites "de convenance" sont en nette augmentation.

Si l'évolution de la société pousse les femmes à avoir des enfants de plus en plus tardivement, la physiologie, elle, n'évolue pas.

Pour pallier les difficultés grandissantes de concevoir un enfant dès l'âge de 35 ans, de plus en plus de Suissesses ont recours à la congélation d'ovocytes. Les demandes sont exponentielles depuis le début de l'année, a relevé le Journal de 19h30 de la RTS vendredi.

Démocratisation de la technique

La vitrification des ovocytes est une méthode de congélation rapide qui permet de préserver les cellules lorsque celles-ci sont encore fertiles.

Jusqu'ici réservées aux patientes menacées de stérilité par un traitement comme la chimiothérapie, cette technique s'est ouverte depuis 5 ans environ en Suisse aux femmes en bonne santé. On parle alors de congélation ovocytaire "de convenance" ou "pour raisons sociales", par opposition à celle effectuée pour motif "médical".

Près de 200 femmes concernées en Suisse

Cette pratique concerne des milliers de femmes dans le monde occidental. Aux Etats-Unis et en Angleterre, les cliniques ont doublé leurs chiffres ces cinq dernières années.

En Suisse, environ 200 femmes ont déjà congelé leurs ovocytes pour des raisons sociales, selon les estimations. Et la demande est exponentielle depuis janvier 2015.

A titre d'exemple, au Centre de procréation médicalement assisté de Lausanne (CPMA), 7 requêtes ont été enregistrées pour l'ensemble de l'année 2014, alors qu'elles se montent déjà à 7 rien qu'au mois de janvier 2015.

La législation en question

En Suisse, la loi permet de stocker les ovocytes congelés au maximum durant 5 ans. Des changements législatifs prévus dans la nouvelle loi sur la procréation médicalement assistée (PMA) prolongeront ce délai à 10 ans.

En Espagne, où la PMA est beaucoup plus permissive, les ovocytes peuvent être conservés jusqu'à ce que la femme atteigne l'âge de 50 ans.

Magali Rochat/mo

*Sujet diffusé vendredi 6 février dans le Journal de 19h30 sur RTS Un

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L'âge, première cause d'infertilité

Si la fertilité est maximum entre 25 et 30 ans, elle diminue très rapidement à partir de 35 ans chez les femmes pour devenir quasi nulle après 45 ans.

Dans le même temps, le risque de fausse couche augmente, jusqu'à doubler entre 40 et 50 ans.

La qualité et la quantité des ovocytes s’amenuisent au fil du temps. A la naissance, la femme dispose d’une réserve ovarienne de 701'000 ovocytes, elle en a plus que 25'000 à 35 ans et 1000 à 50 ans.

En 1980, on recensait 1000 naissances chez les femmes de 40 ans ou plus. Aujourd'hui, ce chiffre est cinq fois plus élevé.

Un traitement lourd et coûteux

Des injections quotidiennes d’hormones pour stimuler les ovaires sont nécessaires pendant près de 2 semaines, avec des examens réguliers (prises de sang, échographies, etc.). La ponction ovarienne se fait par voie vaginale sous anesthésie générale.

En Suisse, il faut compter près de 8000 francs au total (examens, traitement hormonal, ponction, cryoconservation: 200 à 300 francs par an, FIV). Ces frais ne sont pas remboursés par les assurances maladies.

Technique de conservation

La vitrification des ovocytes consiste à plonger brutalement les cellules dans de l'azote liquide à -196°C, en leur adjoignant des produits appelés cryoprotecteurs.

Cela permet d'éviter la formation de cristaux de glace dans l'ovocyte, composé à plus de 90 % d'eau, qui pourraient le déformer et réduire sa capacité à former un embryon après décongélation.