Modifié le 21 février 2014 à 09:23

"Le rachat de WhatsApp prouve la valeur des données d'utilisateurs"

Le nombre d'utilisateurs de WhatsApp a doublé en un an, passant de 200 à 450 millions.
Le nombre d'utilisateurs de WhatsApp a doublé en un an, passant de 200 à 450 millions. [Patrick Sison - AP/Keystone]
Que Facebook soit prêt à débourser 16 milliards de dollars pour racheter l'application WhatsApp n'a pas manqué de faire réagir jeudi. Tour d'horizon des réactions et analyses.

Facebook a frappé un grand coup en annonçant mercredi soir le rachat de l'application de messagerie instantanée WhatsApp pour16 milliards de dollars, dont 4 milliards en cash et 12 milliards en action. Les fondateurs et employés de la société créée en 2009 se partageront en outre 3 milliards de dollars sous forme de stock-options.

C'est l'acquisition la plus importante de l'histoire du premier réseau social mondial, qui vient de fêter ses dix ans.

>> Facebook rachète Whatsapp pour 17 milliards de francs

La valeur des données

Pour cette somme vertigineuse, Facebook acquiert l'application la plus populaire du monde. Plus de 450 millions d'utilisateurs utilisent WhatsApp chaque mois. Quelques 19 milliards de messages (textes, photos, vidéos) sont envoyés - et 34 milliards reçus - chaque jour. Mais grâce à l'application, on sait surtout qui écrit, à qui, quand, et de quoi.

"Le rachat de WhatsApp par Facebook montre à quel point les données personnelles ont une valeur", relève Sami Coll, sociologue spécialiste des nouvelles technologies à l'Université de Genève. "Si le groupe de Mark Zuckerberg est prêt à dépenser de telles sommes, c'est qu'il s'attend à ce que ces données soient mises à profit à l'avenir pour augmenter la pertinence de leur publicité ciblée, notamment grâce au Big Data".

Par cette pratique de plus en plus courante, les acteurs économiques cherchent à accumuler le plus de données personnelles possibles pour en dégager le maximum d'informations afin de développer de nouveaux services. En bref, avec WhatsApp, Facebook élargit sa base de données.

Mark Zuckerberg poursuit ainsi sur la lancée de l'achat d'Instagram en 2012, confirmant sa volonté de multiplier les applications mobiles pour s'imposer comme centre des communications sur smartphones et tablettes. De là à débourser 16 milliards de dollars?

Bulle spéculative

"On est entré dans une phase de bulle spéculative", a expliqué pour sa part jeudi Thomas Veillet, chroniqueur boursier et fondateur de la plate-forme investir.ch, sur RTS La Première. "Aujourd'hui, Facebook a beaucoup de liquidités à disposition et vise par conséquent le rachat de tous ceux qui peuvent lui faire de l'ombre, ou alors de tous ceux qui peuvent potentiellement lui apporter de nouveaux abonnés", a-t-il encore expliqué.

Et de citer, à titre comparatif, l'achat récent de Viber, dont les activités sont similaires à WhatsApp, par la société japonaise Rakuten. "Avec ses 300 millions d'utilisateurs, elle a été vendue pour 900 millions de dollars, c'est vingt fois moins"! Au final, dans le monde de l'économie numérique peut-être encore plus qu'ailleurs le prix des choses, c'est la valeur qu'on leur donne.

Écouter le son:

Facebook a racheté Whatsapp en 2014.
Patrick Pleul - EPA/Keystone
Le 12h30 - Publié le 20 février 2014

Juliette Galeazzi

Publié le 20 février 2014 à 17:35 - Modifié le 21 février 2014 à 09:23

Accueil tiède en Bourse

Annoncé après la clôture de la Bourse, l'achat de WhatsApp ne semble pas convaincre les investisseurs. Le titre Facebook était en baisse de 3% à New York jeudi.

La situation pourrait toutefois évoluer, le temps de savoir ce que signifie l'intégration de WhatsApp et combien cela pourrait rapporter au réseau social de Mark Zuckerberg.

Car, rappelons-le, les résultats financiers de WhatsApp n'ont encore jamais été communiqués.