Modifié le 05 janvier 2013 à 14:22

Free teste la suppression de la publicité sur Internet en France

Des "freebox revolution" en vitrine dans une boutique du groupe Free
Les boîtiers du fournisseur d'accès à Internet offrent une fonctionnalité de blocage des pubs en test. [AFP]
Le fournisseur français d'accès à internet Free a mis en oeuvre un dispositif antipub sur ses "box", une initiative pour l'instant en phase test destinée à faire monter la pression sur Google en vue d'un partage des recettes publicitaires, selon les acteurs du secteur.

Free a annoncé jeudi plusieurs mises à jour de la Freebox, notamment l'ajout d'une fonctionnalité adblocker permettant de bloquer les publicités. Cette fonction - en phase de test -  est pourvue d'un dispositif antipub. Cette initiative vise à faire monter la pression sur Google en vue d'un partage des recettes publicitaires, selon les acteurs du secteur.

D'après les internautes certaines "pubs" lui échappent, mais si l'opérateur installait durablement une version efficace il priverait de revenus de nombreux sites internet, notamment les gratuits, qui vivent des annonceurs. Free compte quelque 5 millions d'abonnés en France.

Les FAI se plaignent depuis longtemps

L'initiative de Free sonne surtout comme un coup de semonce contre le géant Google, premier bénéficiaire de la publicité sur le web au détriment de fournisseurs d'accès à l'internet, selon Philippe Jannet, directeur général du GIE e-Presse, kiosque numérique regroupant plusieurs grands éditeurs de presse.

Depuis des années, les fournisseurs d'accès à l'internet se plaignent que les grands fournisseurs américains de contenu siphonnent toute la publicité des sites web, ne leur laissant rien alors qu'ils sont obligés de consentir d'importants investissements pour faire face à la place de plus en plus grande de la vidéo, très gourmande en bande passante.

Quand les opérateurs "voient un coucou comme Google vendre l'eau qui circule dans les tuyaux qu'ils ont fournis sans leur reverser un centime, ils ont de quoi s'énerver", souligne Philippe Jannet.

Free ne vise qu'à "faire monter la pression sur Google" pour négocier un partage de la valeur générée par la publicité en ligne, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

Accords entre des opérateurs et Google

L'opérateur historique français Orange a lui-même négocié discrètement avec Google un accord pour un montant chiffré en millions d'euros, et ses concurrents comme Bouygues voudraient en faire autant, note la même source.

Le chiffre d'affaires réalisé en France par Google serait "d'environ 1,6 milliard d'euros", et le nouveau dispositif de Free - qui compte 5 millions d'abonnés - pourrait faire perdre à l'américain "jusqu'à un million d'euros par jour", selon les estimations d'une source proche du dossier.

 Interrogé par l'AFP, un porte-parole de Google a indiqué que le groupe américain avait "constaté les mesures prises par Free" et était "en train d'analyser la situation".

afp/jzim

Publié le 05 janvier 2013 à 13:04 - Modifié le 05 janvier 2013 à 14:22