Modifié le 17 août 2012 à 10:32

Des chercheurs américains sur la voie d'une pilule contraceptive masculine

Les nombreuses pilules contraceptives du marché ne contiennent pas les mêmes ingrédients.
Pour compléter l'armada des pilules contraceptives féminines, une pilule masculine pourrait être mise au point grâce à la molécule JQ1. [Dominique Vernier - ]
Une molécule, testée initialement dans la recherche contre le cancer, permettrait d'inhiber la production de spermatozoïdes sans affecter le système hormonal ni l'appétit sexuel, ont assuré des scientifiques américains après leurs essais sur des souris.

Une équipe de chercheurs américains a découvert par hasard un composé qui pourrait enfin permettre d'élaborer une pilule contraceptive masculine. La mise au point d'un tel produit relève du casse-tête depuis des années.

Les scientifiques ont testé avec succès une petite molécule JQ1 sur des souris, rapporte la revue médicale Cell. Cette substance serait capable d'inhiber la production de spermatozoïdes, sans perturbation de la production d'hormones mâles, affirme l'étude.

Effet contraceptif total

En laboratoire, les souris mâles à qui l'on administre ce traitement produisent en moindre quantité un sperme lui-même moins mobile. Le médicament, initialement testé dans le cadre de recherches sur le cancer, n'affecte ni le système hormonal ni l'appétit sexuel, ont assuré les chercheurs jeudi.

Selon les scientifiques, des injections quotidiennes de 50 à 100 mg/kg de la molécule JQ1 -qui inhibe la protéine BRDT impliquée dans la spermatogenèse- pendant six semaines, ont abouti à un effet contraceptif total chez les souris mâles traitées.

Retour de la fertilité 3 à 6 mois après l'arrêt du traitement

Après l'arrêt du traitement, la fertilité est retournée à la normale en moyenne au bout de trois à six mois, selon les doses reçues, sans effet secondaire sur les niveaux de testostérone des animaux. "Il n'y a pas d'effet sur le 'peps' de la souris", a ajouté James Bradner de l'Institut du cancer Dana-Farber à Boston, qui a dirigé l'étude.

Selon l'équipe, cette recherche est prometteuse parce qu'elle a une approche unique de la contraception masculine, qui consiste aujourd'hui essentiellement en des méthodes moins fiables tel le préservatif ou permanentes comme la vasectomie.

ats/afp/vtom

Publié le 17 août 2012 à 10:02 - Modifié le 17 août 2012 à 10:32

Les difficultés liées à la pilule masculine

La mise au point d'une pilule masculine se heurte à diverses difficultés: outre une demande très hésitante des hommes pour un tel produit, le principal problème tient au fait que les testicules ont une double fonction de production des spermatozoïdes, mais aussi des hormones masculines, responsables des caractéristiques viriles (voix, pilosité) et qu'il faut stopper uniquement la première et de manière temporaire.