Modifié le 06 juin 2012 à 14:46

Vénus passe devant le soleil, un phénomène astral rarissime

Le passage de Vénus devant le Soleil a pu être observé pour la dernière fois le 8 juin 2004, comme ici à Sydney.
Le transit de Vénus possède une importance historique en Australie. [Mark Baker - ]
La planète Vénus a effectué son passage devant le soleil mercredi, pour le plus grand plaisir des astronomes en quête d'un phénomène qui ne se reproduira pas avant 105 ans. Une fête toutefois gâchée par une météo maussade en Europe.

Le passage de la planète devant le soleil a eu lieu dans le ciel limpide du nord au sud du continent américain et en Australie. Les conditions d'observation étaient en revanche exécrables dans une bonne partie de l'Asie et en Europe.


En Suisse, le phénomène, un petit point noir passant devant le soleil, aurait été observable entre 5h30 et 6h55 avec des lunettes appropriées, mais les nuages ont complètement couvert le ciel. Seules quelques trouées ont permis une observation aux Grisons et au Tessin.


Le prochain passage de Vénus entre le soleil et la Terre n'aura lieu qu'en 2117, soit dans 105 ans. Ces transits surviennent par paire à huit ans d'intervalle avant de ne plus avoir lieu pendant plus d'un siècle. Au 21e siècle, le précédent était en 2004 et aucun ne s'est produit au 20e siècle.


Les phénomènes astronomiques comme le transit de Vénus ravissent petits et grands.
Les phénomènes astronomiques comme le transit de Vénus ravissent petits et grands. [Mark Baker - ]


Observations scientifiques

"Un passage (devant le Soleil) est un spectacle superbe et rare. Quand on pense à l'immensité du ciel, il est rare de voir une planète se glisser devant le Soleil. Et il faudra effectivement attendre jusqu'en 2117 pour voir le prochain" passage de Vénus, a expliqué Richard Harrison, chercheur qui travaille sur l'observatoire solaire Solar Dynamics Observatory (SDO).


Le SDO, lancé par la NASA en 2010, doit aider à mieux comprendre les activités du Soleil ainsi que leur impact sur la Terre et son climat. L'agence spatiale américaine compte d'ailleurs "collecter les meilleures impressions" du passage de Vénus devant le Soleil grâce à cet observatoire, en orbite autour de la Terre.


La mission spatiale européenne Venus Express, seule sonde à orbiter autour de l'"étoile du berger", aura quant à elle la possibilité de mieux étudier l'atmosphère de Vénus grâce à la lumière du Soleil qui s'y réfléchit. Enfin, le télescope spatial Hubble de la NASA, qui ne peut directement observer le Soleil, se servira de la Lune comme d'un miroir pour capter la lumière qui s'y reflétera et, ainsi, en savoir un peu plus sur l'atmosphère de Vénus.


Vénus, fausse jumelle de la Terre

Pour les astronomes, ce passage de Vénus est l'occasion de vérifier les techniques d'observation des exoplanètes lointaines transitant devant leur étoile. Vénus, que l'on nomme à tort "étoile", est en fait une planète, longtemps considérée comme "jumelle" de la Terre, jusqu'à ce que l'exploration spatiale parvienne à percer son épaisse couche nuageuse.


Son diamètre est comparable à celui de notre planète (95%), tout comme sa masse (80%). Mais son atmosphère est saturée de gaz carbonique, renferme une pression 90 fois supérieure à la nôtre et la température dépasse les 450°C. "N'importe quel astronaute suffisamment malchanceux pour y atterrir serait simultanément écrasé, rôti, étouffé, dissous", selon la Royal Astronomical Society britannique.


Trois sites américains permettaient de suivre le passage de Vénus devant le Soleil: http://venustransit.nso.edu, http://venustransit.nasa.gov/transitofvenus/ et http://eclipse.gsfc.nasa.gov/OH/transit12.html.


agences/dk/mre


Publié le 05 juin 2012 à 22:29 - Modifié le 06 juin 2012 à 14:46

Un événement rare et historiquement important

Le transit n'est pas seulement un événement rare, c'est aussi un événement de première importance, du moins historiquement. C'est l'astronome anglais Edmund Halley (1656-1742) qui le premier se rendit compte que le transit pouvait être utilisé pour mesurer la distance de la Terre au Soleil et prendre ainsi la mesure des dimensions du système solaire en utilisant les lois établies par Kepler (1571-1630).

Malheureusement, sa méthode ne peut pas être exacte en raison de la perturbation introduite par la diffraction atmosphérique dans la mesure du moment du contact entre les bords des deux disques. Néanmoins, les expéditions d'observation du 18e siècle ont pu donner aux astronomes des valeurs de distance proches des quelque 150 millions de km mesurés par la suite.

Le passage de Vénus devant le Soleil revêt par ailleurs une importance particulière pour l'Australie, "découverte" par l'explorateur britannique James Cook en 1769 alors qu'il était en mission pour observer ce phénomène astronomique.