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Wikipédia et Google affichent leur grogne

Le page Wikipédia est resté indisponible en signe de protestation. [Gary Cameron - Reuters]
Le page Wikipédia est resté indisponible en signe de protestation. [Gary Cameron - Reuters]
La version anglaise de Wikipédia et le site google.com ont mené mercredi la contre-attaque organisée par des centaines de site internet contre des projets de loi antipiratage à l'étude au Congrès américain qu'ils jugent liberticides.

Wikipédia en anglais est resté indisponible tout le jour, sa page d'accueil étant barrée de la phrase: "Imaginez un monde où le savoir ne serait pas libre". Le célèbre logo multicolore de google.com était lui masqué par un rectangle noir et le moteur de recherche exhortait ses utilisateurs à "Dire au Congrès" de ne pas "censurer internet".


Pour Reporters sans frontières, ces textes de loi à l'étude au Congrès "sacrifient la liberté d'expression sur internet sur l'autel de la lutte contre le piratage". Pour marquer son irritation, RSF a fermé pendant 24 heures la version anglaise de son site.


Deux projets de loi contestés

Le célèbre logo de Google a également été barré de noir. [Reuters Staff  - Reuters]Le célèbre logo de Google a également été barré de noir. [Reuters Staff - Reuters]Deux projets de loi présentés au Congrès américain, destinés, selon leurs auteurs, à combattre le piratage en ligne ont mis le feu aux poudres. Le "Stop Online Piracy Act" ou "SOPA" a été déposé à la Chambre des représentants, tandis que son pendant, le "Protect IP Act", rebaptisé "PIPA" est à l'étude au Sénat.


Si "SOPA" et "PIPA" bénéficient du soutien d'Hollywood, de l'industrie musicale ou encore de la Chambre de commerce américaine, Wikipédia, Google, Twitter et Yahoo! jugent en revanche que les textes conféreraient le pouvoir aux autorités américaines de faire fermer à leur guise des sites accusés de piratage.


En décembre, les fondateurs d'eBay, Google, Twitter, Yahoo! et Wikipédia avaient, dans une lettre ouverte, jugé que les propositions de loi "donneraient au gouvernement américain le pouvoir de censurer l'internet en utilisant des procédures similaires à celles employées par la Chine, la Malaisie ou l'Iran".


Le soutien de Twitter et Facebook

Mercredi Twitter, Facebook et Craigslist n'ont pas souhaité imiter Wikipédia et étaient toujours disponibles, mais ils ont exprimé leur sympathie à l'égard du mouvement de protestation. Le cofondateur de Twitter, Jack Dorsey, a ainsi envoyé un "tweet" à ses 1,8 million d'abonnés dans lequel il leur demande de contacter leurs élus et de "dire non au Congrès".


L'hébergeur de blogs wordpress.com arborait un ruban noir frappé du mot "censuré", tout comme le site du magazine spécialisé "Wired". Pour sa part, Facebook, tout en prenant "très au sérieux" le piratage, a jugé que légiférer "n'est pas la bonne solution à ce problème, en raison des dommages collatéraux que cela occasionnerait à internet".


NY Tech Meetup, un groupement des professionnels d'internet qui compte 20'000 membres a, de son côté, appelé à manifester mercredi à Manhattan devant les bureaux des sénateurs de New York.


Grosses divergences d'opinion

Sur le plan politique, le Sénat doit s'exprimer sur "PIPA", sa version du texte, le 24 janvier. Mais du côté de la Chambre des représentants, John Boehner, le président républicain de l'assemblée, a estimé mercredi qu'existait "un manque de consensus" concernant "SOPA", le texte en question à la Chambre, et qu'il était nécessaire de le retravailler avant de passer au vote.


Ce week-end, la Maison Blanche s'est désolidarisée des projets de loi. "Nous considérons que le piratage sur internet est un grave problème qui nécessite une réponse législative sérieuse, mais nous ne soutiendrons pas une législation qui réduit la liberté d'expression, augmente les risques pour la sécurité cybernétique et sape le dynamisme et le caractère innovant de l'internet mondial", a indiqué la présidence américaine.


Le patron du géant des médias News Corp, Rupert Murdoch, est, lui, d'un avis contraire, dénonçant sur son compte Twitter les pressions de la "blogosphère", "terrorisant" selon lui "de nombreux sénateurs et représentants qui s'étaient au départ engagés" à soutenir la législation controversée et pourraient du coup faire machine arrière.


agences/boi


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