Modifié le 31 janvier 2011 à 16:18

La planète n'a jamais consommé autant de poisson

Marché au poisson de Tokyo.
Chaque habitant a avalé près de 17kg de poisson en 2010, selon la FAO. [Koji Sasahara/Keystone AP]
La consommation de poisson a atteint des records en 2010 et les réserves mondiales sont à reconstituer d'"urgence", relèvent les experts de la FAO qui expriment leur "préoccupation" dans un rapport publié lundi à Rome.

La contribution du poisson à l'alimentation a atteint en
moyenne un record de près de 17
kg par habitant et le poisson assure au moins 15% des
besoins moyens en protéines animales de plus de 3 milliards de personnes, note
dans un communiqué 
l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture dans ce
rapport sur "la situation mondiale des pêches et de l'aquaculture".

"Cet accroissement s'explique principalement par le
développement de l'aquaculture qui est appelée à dépasser les pêches de capture
comme source de nourriture". La
FAO constate également "qu'aucune amélioration n'a été
observée dans la situation des stocks halieutiques mondiaux".

Stocks à reconstituer d'urgence

Les stocks mondiaux de poisson surexploités, épuisés ou en
phase de reconstitution sont légèrement supérieurs à ceux de 2006 à environ 32%
du total, et "doivent être restaurés d'urgence". "Le fait que la
situation des stocks ne se soit pas améliorée est source de grande
préoccupation", a déclaré Richard Grainger, expert à la FAO et l'un des responsables
éditoriaux du rapport.

"Le pourcentage de surexploitation doit régresser même
s'il semble que nous ayons atteint un plateau". Les auteurs du rapport
préconisent "l'intensification des efforts visant à resserrer les
contrôles dans le secteur", avec par exemple, des mesures commerciales
contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

Ces dispositions visent à interdire l'accès au commerce
international des produits résultant de ces pratiques afin d'améliorer la
gestion du secteur et réduire les niveaux de surexploitation. Selon une récente
étude, le coût de la pêche illégale et non déclarée est estimé à 10-23,5
milliards de dollars par an.

Registre des navires de pêche

Le rapport évoque également la proposition d'un registre
mondial des navires de pêche. L'idée est d'attribuer un "numéro
d'identification unique" à vie à chaque navire, indépendamment des
changements de propriétaire ou de pavillon. Cette mesure de transparence
faciliterait le travail de la police maritime luttant contre les activités de
pêche illégale.

Au total, les pêches et l'aquaculture font vivre 540
millions de personnes, soit 8% de la population mondiale. "La planète n'a
jamais consommé autant de poisson et le secteur assure, de façon directe et
indirecte, un nombre d'emplois sans précédent", résume la FAO selon laquelle "les
produits de la pêche continuent d'être les produits alimentaires de base les
plus échangés à l'échelle mondiale, pour une valeur record de 102 milliards de
dollars en 2008 (+9% par rapport à 2007)".

Les experts, qui plaident pour "une gestion durable des
ressources aquatiques", soulignent aussi que que "le poisson est un
aliment riche en protéines d'excellente qualité" et que "le secteur
contribue de façon substantielle à la sécurité alimentaire mondiale".

afp/cht

Publié le 31 janvier 2011 à 16:12 - Modifié le 31 janvier 2011 à 16:18