Modifié le 27 janvier 2011 à 11:12

La "malbouffe" rendrait dépressif

Un hamburger et des frites, dans un fast-food à Washington le 19 août 2009
Les effets des acides gras trans et des graisses saturées dans la nourriture sont pointés du doigt. [AFP]
La consommation d'acides gras trans et de graisses saturées, tels que contenus dans les frites par exemple, accroîtrait le risque de dépression, selon une étude espagnole publiée mercredi aux Etats-Unis. Elle conforte d'autres recherches liant "malbouffe" et déprime.

Les chercheurs de l'étude ont également constaté que l'huile d'olive - riche en acide gras mono insaturé (oméga 9) et base de la cuisine méditerranéenne -, ainsi que d'autres huiles végétales et poissons gras contenant des graisses insaturées contribuaient à réduire le risque de maladie mentale.

Les auteurs ont suivi et analysé le régime alimentaire et le mode de vie de plus de 12'000 volontaires pendant six ans. Au début de l'étude aucun des participants n'était dépressif, mais à la fin 657 d'entre eux souffraient de dépression.

Risque de dépression accru de 50%

Les chercheurs ont constaté que parmi tous les volontaires, ceux ayant consommé des acides gras trans et des graisses saturées "avaient un risque de dépression 48% plus élevé que ceux qui n'avaient pas absorbé d'aliments contenant ces graisses".

Ils ont aussi déterminé que "plus la quantité d'acides gras trans était importante, plus les effets sur la santé mentale des volontaires étaient sévères", explique le Dr Almudena Sanchez-Villegas, professeur adjoint de médecine préventive à l'Université de Las Palmas de Gran Canaria en Espagne et principal auteur de l'étude.

La chercheuse souligne aussi que l'étude a été menée sur un groupe de population consommant un faible taux d'acides gras trans représentant en moyenne seulement 0,4% de l'énergie totale qu'ils ingèrent. Ce taux monte à 2,5% dans des pays comme les Etats-Unis. "Malgré cela, nous avons constaté un accroissement de près de 50% du risque de dépression chez ces sujets", indique le Dr Sanchez-Villegas.

Régime méditerranéen contre la dépression

De ce constat "nous avons conclu qu'il était important de tenir compte des effets des acides gras trans et des graisses saturées sur la santé mentale dans des pays comme les Etats-Unis où l'énergie dérivée de ces aliments est beaucoup plus élevée" dans la population, relève le Dr Miguel Angel Martinez-Gonzalez, professeur de médecine préventive à l'Université de Navarre (Espagne), qui a dirigé l'équipe de recherche. "Nous avons découvert que les acides gras non saturés en général et l'huile d'olive en particulier permettent d'amoindrir le risque de souffrir de dépression", ajoute-il.

Les résultats de cette recherche corroborent l'hypothèse selon laquelle les pays d'Europe du Nord ont une fréquence plus élevée de dépression que les pays du Sud où le régime méditerranéen domine, fait valoir le Dr Martinez-Gonzalez. La plus faible luminosité dans le Nord de l'Europe est également un facteur contribuant à plus de dépressions, note-t-on par ailleurs.

Etude similaire aux Etats-Unis

Une recherche parue dans l'American Journal of Psychiatry en janvier 2010, qui a analysé la santé mentale et le régime de 1046 femmes avec des questionnaires pendant plus de dix ans, montre que celles suivant un régime de type occidental (hamburgers, pain blanc, pizzas, chips, aliments riches en sucre, etc.) avaient un risque de dépression accru de 50%.

Les auteurs de l'étude espagnole relèvent aussi que l'incidence des dépressions augmente depuis ces dernières années dans le monde avec actuellement 150 millions de personnes affectées.

afp/jzim

Publié le 27 janvier 2011 à 11:07 - Modifié le 27 janvier 2011 à 11:12