Modifié le 28 juin 2010 à 13:57

La déforestation perd du terrain dans le monde

Chaque année, les forêts perdent une superficie supérieure à celle de la Suisse.
Chaque année, les forêts perdent une superficie supérieure à celle de la Suisse. [Keystone]
Pour la première fois, le rythme de déforestation a reculé au cours des dix dernières années dans le monde, a indiqué jeudi la FAO dans son rapport quinquennal. Certains pays maintiennent toutefois des taux "alarmants", notamment en Afrique et en Amérique du Sud.

"Pour la première fois, nous sommes en mesure de montrer que le
taux mondial de déforestation a régressé grâce à des efforts
concertés", a déclaré Eduardo Rojas, sous-directeur général de
l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et
l'agriculture (FAO), en présentant à la presse l'"Evaluation des
ressources forestières mondiales 2010".





La déforestation a entraîné la perte brute (sans compter le
reboisement) de 13 millions d'hectares de forêts par an entre 2000
et 2010 contre 16 millions dans les années 1990. La perte nette
annuelle a représenté 5,2 millions d'hectares, contre 8,3 millions
dans les années 1990, indique le rapport.





A titre de comparaison, la surface de la Suisse est de 4,1
millions d'hectares, celle de la France de 67,5 millions
d'hectares.

La surface du Costa Rica

Sur l'ensemble de la décennie, les pertes à l'échelle mondiale
"correspondent à un territoire plus ou moins équivalent au Costa
Rica", a précisé la FAO. Les forêts recouvrent 4 milliards
d'hectares sur la planète, "soit 31% de la surface émergée".





Cinq pays (Canada, Etats-Unis, Brésil, Russie, Chine) abritent 50%
des forêts mondiales. Ce recul est pour beaucoup dû "aux programmes
de boisement de grande envergure" de certains Etats,
particulièrement en Asie où la FAO a observé "un gain net d'environ
2,2 millions d'hectares par an" entre 2000 et 2010.





"L'Asie avait une perte nette dans les années 1990, elle a un gain
net aujourd'hui", a commenté devant la presse Mette Wilkie,
coordinatrice de l'Evaluation. La Chine, l'Inde et le Vietnam "ont
augmenté leurs superficies boisées de près de 4 millions d'hectares
par an".

Les bons et les mauvais élèves

Le Brésil, abritant la majorité de la forêt amazonienne, se
situe également sur la bonne voie avec des pertes de 2,6 millions
d'hectares par an contre 2,9 millions précédemment entre 1990 et
2000.





Les superficies boisées sont restées "stables" en Amérique du Nord
et Centrale. En Europe, elles ont "continué à s'étendre, quoiqu'à
un rythme plus lent", selon le rapport.





"Le taux de déforestation demeure très élevé dans de nombreux
pays", a précisé Eduardo Rojas. C'est le cas en Amérique du Sud et
en Afrique qui enregistrent "les plus fortes pertes annuelles
nettes de forêts entre 2000 et 2010" (4 et 3,4 millions
d'ha).





Autre tendance: le poids croissant des forêts artificielles. Si
les forêts primaires (naturelles) connaissent "un recul de 4
millions d'hectares par an", les forêts artificielles augmentent de
"5 millions d'hectares par an".





ats/sbo

Publié le 26 avril 2010 à 21:16 - Modifié le 28 juin 2010 à 13:57

Perpétuer les efforts

Mette Wilkie a appelé les gouvernements du monde entier à poursuivre de toute urgence leurs efforts.

Elle a recommandé de "mettre en place des mesures efficaces et permanentes de réduction des taux actuels de déforestation", "faute de quoi nous risquons d'assister au brusque retour des taux élevés de pertes nettes de forêts".

"Les forêts jouent un rôle important dans l'atténuation du changement climatique et constituent un immense puits de carbone", a-t-elle précisé, en soulignant qu'elles renferment "289 gigatonnes de carbone, soit une quantité supérieure à celle présente dans l'atmosphère".

En Suisse, la forêt reprend ses droits

Les forêts couvrent désormais 31% du territoire helvétique. Leur diversité est toujours plus grande et les forêts protectrices sont devenues plus stables et plus efficaces. C'est ce que montre le 3e inventaire forestier national publié à la mi-mars.

Cet inventaire couvre la période 2004 à 2007. Par rapport au relevé précédent (1993-1995), la surface de forêt a augmenté de 600 kilomètres carrés (60'000 hectares), ce qui correspond presque à la surface du canton de Glaris.

Les forêts, qui couvrent 1,28 million d'hectares, sont aussi devenues plus naturelles. La part des bois dans lesquels il n'y a qu'une sorte d'arbre est en recul de 4%, à 19%.

Les bordures de forêts où l'on trouve plus de dix sortes d'arbres se sont multipliées. Et dans 92% des cas, les nouvelles forêts sont apparues sans l'intervention de l'homme.