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L'avion à hydrogène, nécessaire mais pas suffisant pour décarboner le secteur aérien

L'introduction d'avions propulsés à l'hydrogène à partir de 2035 ne permettra pas de réduire à elle seule l'empreinte carbone du secteur aérien, selon une étude. [afp - Airbus]
L'avion à hydrogène, nécessaire mais pas suffisant pour décarboner le secteur aérien / Le Journal horaire / 24 sec. / le 26 janvier 2022
L'introduction d'avions propulsés à l'hydrogène à partir de 2035 permettra de limiter les émissions de CO2, mais pas de réduire à eux seuls l'empreinte carbone du secteur aérien, selon une étude. Le secteur émet actuellement près de 3% des émissions totales.

Si les vols long-courrier ne peuvent être propulsés à l'hydrogène, notamment en raison du volume qui serait nécessaire à son stockage à bord, "les avions à hydrogène sont viables sur les vols court et moyen-courrier et pourraient pratiquement éliminer les émissions de CO2", affirme l'ONG International Council on Clean Transportation (ICCT) dans son étude publiée mercredi.

Ces avions, qui auraient une autonomie moindre que les avions brûlant du kérosène, pourraient représenter près du tiers du trafic passagers mondial à compter de 2035, date prévue de leur entrée en service par l'avionneur Airbus, qui a fait de l'avion à hydrogène un "axe stratégique majeur".

Le moteur à hydrogène n'émet pas de pollution puisqu'il produit de la vapeur d'eau. Encore faut-il que l'hydrogène soit "propre", c'est-à-dire produite par électrolyse de l'eau en utilisant une électricité issue de sources renouvelables (hydrogène vert).

>> Lire aussi : Airbus prépare l'arrivée du premier avion à hydrogène prévue pour 2035

Réduction de 31% au maximum

Si la totalité des liaisons aériennes éligibles étaient desservies par des avions à hydrogène en 2050, ces derniers permettraient de réduire les émissions du transport aérien de 31%, soit 628 millions de tonnes de CO2. Ce qui ramènerait l'emprunte carbone du secteur à son niveau attendu en 2035, moment de son entrée en service, note l'étude.

Le secteur aérien a transporté 4,5 milliards de passagers en 2019, produisant 900 millions de tonnes de CO2, soit 3% des émissions totales. Ce nombre devrait toutefois doubler d'ici à 2050.

A noter que l'étude n'inclut pas dans son périmètre les autres leviers attendus pour réduire l'empreinte du secteur (évolutions technologiques des avions, meilleure gestion du système de contrôle aérien, introduction des carburants d'aviation durables).

ats/fgn

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