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Les technologies de surveillance des volcans toujours plus à la pointe

Le volcan Cumbre Vieja à La Palma, une des îles Canaries, est entré en éruption.  [Jonathan Rodriguez - AP Phot]
Les technologies de surveillance des volcans toujours plus à la pointe / La Matinale / 1 min. / le 21 septembre 2021
Le volcan Cumbre Vieja à La Palma, une des îles Canaries espagnoles, est entré en éruption dimanche et a détruit une centaines de maisons, sans faire de victime. Les scientifiques disposent aujourd'hui d'une large panoplie d’instruments pour mieux surveiller les volcans et éviter une tragédie.

Il fut un temps où les volcanologues n'avaient d’autre choix que d’aller prélever des échantillons directement dans la lave ou dans des champs de fumerolles crachant des vapeurs toxiques.

Mais depuis quelques années, la volcanologie connaît une nouvelle ère. Une profusion de données sont effet désormais livrées par des outils de pointe: sismomètres, satellites géostationnaires, capteurs de gaz fixés au sol ou accrochés à des drones, caméras UV.

"On peut suivre l'évolution heure par heure sur internet"

"Les progrès sont effectivement importants. Il y a 45 ans, quand j'ai commencé  la volcanologie, on avait beaucoup moins de moyens. Maintenant, on a les outils pour monitorer un volcan", explique dans La Matinale Jacques-Marie Bardintzeff, volcanologue et professeur à l'Université Paris-Saclay.

"On l'a vu aux Canaries, cela a été plutôt bien géré. Il y a une semaine, on a enregistré des séismes. On avait les profondeurs et le gonflements précis. Maintenant, on peut suivre sur internet l'évolution du volcan presque heure par heure. C'est quelque chose qu'on ne pouvait pas faire il y a 20 ans."

>> Lire aussi : Aux Canaries, la lave du Cumbre Vieja a déjà détruit près de 100 maisons

Réduire les risques de désastres

Cette armada de dispositifs a permis des avancées dans le domaine de la prévision des éruptions et réduit considérablement les risques de désastres humanitaires.

"La dernière grosse éruption qui a fait des victimes, c'était en 1986 au Cameroun, où 1700 personnes sont mortes. Depuis, ça se compte en quelques dizaines", se rappelle Jacques-Marie Bardintzeff. "On n'est pas à l'abri d'un faux pas ou d'une erreur, mais c'est quand même très encourageant."

Les volcanologues restent néanmoins modestes face aux forces indomptables de la nature. Près de 20% de la population mondiale vit à moins de 100 kilomètres des quelque 1500 volcans actifs de la planète, dont seule une petite poignée sont étroitement surveillés.

Foued Boukari/asch

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