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La fin programmée du moteur à essence?

L'industrie automobile est particulièrement touchée. [Joerg Sarbach - AP Photo/Keystone]
Est-ce la fin programmée du moteur à essence? / La Matinale / 4 min. / le 9 septembre 2021
Entre pressions politiques et recherche de rentabilité, les grandes marques ont fait leur choix et elles sont toujours plus nombreuses à planifier la fin des moteurs thermiques. L'avenir de la voiture est électrique.

Ces derniers mois, les annonces se multiplient. D'ici 2030, Daimler (Mercedes-Benz) prévoit d'investir 40 milliards pour passer au 100% électrique, Volvo va exclure de son catalogue les moteurs thermiques et le numéro un mondial de l'automobile Toyota veut investir 12,9 milliards de francs dans le développement de nouvelles batteries.

Dernier exemple en date, Audi lancera son ultime modèle thermique en 2026 et proposera uniquement des moteurs électriques à partir de 2033.

Cette électrification du parc automobile est poussée par des décisions politiques. Le 14 juillet, la Commission européenne a annoncé son souhait d'interdire la vente des voitures essence et diesel pour 2035.

La voie électrique

Certains pays vont encore plus vite. La Norvège a pour objectif de vendre uniquement des voitures neuves avec "zéro émission" de CO2 d'ici 2025. Le Royaume-Uni, Singapour ou Israël misent sur une interdiction de la vente des moteurs thermiques pour 2030.

Aujourd'hui, tous les membres de l'Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA) soutiennent l'objectif de neutralité climatique et investissent donc des milliards pour passer à l'électrique.

Pour rentrer dans les clous des normes environnementales toujours plus strictes et éviter les amendes, des groupes comme Volkswagen misaient jusqu'à peu sur le diesel. Mais le scandale des chiffres trafiqués (dieselgate) a mis fin à cette piste.

Rentabilité

Qu'on ne s'y trompe pas. L'intérêt économique fait également partie du calcul dans ce changement de technologie. L'hydrogène et les carburants de synthèse sont pour l'instant jugés trop coûteux pour la masse.

La voiture électrique devient, elle, de plus en plus rentable. Les coûts de production baissent. La recherche avance vite. Elle permet des économies d'échelle et augmente grandement l'autonomie des batteries. Un trajet de 600 kilomètres devient désormais envisageable.

Un virage électrique facilité également par le succès de Tesla. La maque américaine a prouvé aux constructeurs qu'il était possible de vendre massivement des voitures uniquement électriques. Et les consommateurs répondent présents.

Ce changement de technologie se reflète également dans les ventes en Suisse, puisque 13% des véhicules neufs acheté en août roulaient uniquement à l'électricité. D'ici 2030, c'est un million de voitures électriques qui devraient être en circulation dans le pays, une voiture sur cinq, selon les estimations d'auto-suisse, l’association des importateurs officiels d’automobiles.

Encore une chance?

"Nous sommes sur la voie de l'électrique", estime Jean-Luc Pirlot, secrétaire général de la section vaudoise de l'Union professionnelle suisse de l’automobile. "A moins de trouver par miracle un développement technologique qui permette de passer par une autre source d'énergie, l'électrique va continuer de se développer. Très rapidement, on vendra plus de véhicules électriques que ceux à essence. Certainement entre 2025 et 2030".

Pourtant, les constructeurs ne lâchent pas encore complètement le moteur thermique. A l'image de Mazda: "La pollution ne vient pas du moteur mais de ce qu'on y brûle", explique son directeur général pour la Suisse, Matthias Walker, dans 24 heures.

Dans un communiqué, les constructeurs européens poussent, eux, pour que les moteurs hybrides fassent partie de la solution. Pour l'instant, ils n'entrent pas dans les plans de l'Union européenne.

2030 en Suisse?

Ce débat agitera également le Parlement suisse ces prochaines années. Certains militent déjà pour une interdiction de la vente des moteurs à essence en 2030.

"Pour atteindre les objectifs climatiques, il faut arrêter les énergies fossiles d'ici 2050", explique Martin Winder, spécialiste de la question pour l'Association transports et environnement (ATE). "Il faut arrêter de vendre ces voitures thermiques bien avant 2050, car selon l'étude d'INFRAS, la durée de vie médiane d'une voiture en Suisse est de 18 ans".

D'ici là, il reste de nombreux problèmes à régler. L'accès aux bornes électriques pour les locataires, de l'électricité propre en suffisance, un approvisionnement régulier en puces électroniques pour la construction ou encore un réseau de recharge efficace.

Il n'empêche, l'électrique séduit toujours plus de consommateurs. Cette semaine, le Grand Conseil valaisan a remis la main à la poche: 3,5 millions de plus pour financer les primes aux véhicules électriques et aux bornes de recharge. Face au succès, son enveloppe était déjà épuisée.

Pascal Wassmer

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L'arrivée des constructeurs chinois

Les marques automobiles chinoises veulent profiter du virage électrique pour séduire les acheteurs européens, à l'image de NIO, WEY, ORA, ou Xpeng.

Au salon de l'automobile de Munich, qui se tient toute la semaine, le WEY Coffee montre les dents avec son énorme calandre chromée, juste en face du gigantesque stand Mercedes.

La marque du géant chinois Great Wall Motor (GWM), leader du marché des SUV en Chine, veut percer sur le marché européen à partir de 2022 avec un luxueux "crossover" hybride vendu autour de 54'400 francs suisses, un peu moins cher que ses concurrents allemands.

Comme l'ont fait avec succès les constructeurs coréens et japonais avant eux, "ils veulent rassurer, casser le mythe des voitures chinoises pas chères et de mauvaise qualité", souligne José Baghdad du cabinet PwC. Par ailleurs, "ils ont fait un choix fort sur l'électrique depuis de nombreuses années et sont plutôt bons", alors que plusieurs constructeurs européens tentent de rattraper leur retard par des investissements massifs.

Deux marques chinoises ont misé pour leur lancement sur la Norvège, qui se rapproche désormais de 75% d'électriques dans ses ventes de voitures neuves.

La marque Xpeng, soutenue par Alibaba et Foxconn, a commencé à y vendre un SUV électrique, qui doit être suivi bientôt d'une luxueuse berline, présentée virtuellement à Munich.

La marque NIO, autre concurrent chinois de Tesla, y a également lancé en septembre la commercialisation de son SUV ES8, et compte y installer un réseau de stations d'échange de batteries.

ATS

La voiture se gare toute seule

Fini la recherche de place dans le labyrinthe du parking: la voiture, une fois déposée, va se garer toute seule, grâce à un système présenté au salon de l'auto de Munich et "prêt" à être déployé, selon ses concepteurs.

"Il n'y a plus d'humain" dans l'action, décrit Robert Exler, responsable du produit "voiturier automatique" chez l'équipementier Bosch, qui a conçu le système.

Pas besoin d'attendre l'avènement des voitures autonomes pour utiliser cette infrastructure : ce sont des caméras et des capteurs implantés dans le parking qui guident le véhicule et lui permettent d'éviter les obstacles.

Le système est désormais prêt à être déployé, assure Bosch. Le groupe espère que les véhicules de série adaptés à ce nouvel équipement vont se multiplier et que cette innovation inspirera confiance aux automobilistes.

Le conducteur laisse son véhicule dans une zone prévue à cet effet et la récupère au même endroit en commandant le retour de la voiture via son smartphone.

"Je pense que de nouveaux modèles économiques se développeront" mais cette évolution "est un gros défi pour l'industrie", estime Robert Exler.

En vue de déployer le système, Bosch s'est associé au gestionnaire de parkings Apcoa, l'un des leaders en Europe, qui opère 9500 localisations dans 13 pays. L'aéroport de Stuttgart est annoncé comme l'un des premiers utilisateurs.

Selon Bosch, le recours aux voitures qui se garent toutes seules pourrait permettre d'accueillir 20% de voitures en plus dans les parkings grâce à un meilleur usage de l'espace disponible.

AFP