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Des chercheurs lèvent le mystère des chèvres et moutons à quatre cornes

Moutons et chèvres à quatre cornes sont une rareté bien connue, notamment dans les Alpes (image d'illustration). [Eirik Newth - CC-BY-SA]
Des chercheurs lèvent le mystère des chèvres et moutons à quatre cornes / Le Journal horaire / 1 min. / le 17 février 2021
Une équipe internationale de scientifiques, avec participation suisse, a identifié le gène responsable de la naissance de chèvres et de moutons à quatre cornes. Ce mystère attise la curiosité depuis des siècles.

Les témoignages de l’existence de ces animaux à quatre cornes, dits "polycères", remontent au moins au 18e siècle, comme ce bouc à quatre cornes dont le transfert en 1786 de Bulle (FR) au Hameau de la Reine à Versailles, sur la volonté de la reine Marie-Antoinette, est dûment consigné.

Des races locales de moutons, sélectionnées par des générations d’éleveurs, sont connues pour leurs cornes multiples. Il arrive également, en particulier dans les Alpes, que certaines chèvres développent spontanément une paire de cornes supplémentaire. Les causes génétiques de cette curiosité morphologique sont pourtant longtemps restées inconnues.

"Nous avons voulu résoudre ce mystère en analysant le génome de ces animaux particuliers", explique Aurélien Capitan, chercheur à l’union des coopératives d’élevage ALLICE et à l’Institut national de recherche agronomique et de l’environnement de France (INRAE), co-responsable de l’étude avec Denis Duboule, du Département de génétique et évolution de l’Université de Genève (UNIGE).

Gène impactant la zone des cornes

Grâce à la collaboration de nombreux éleveurs, les généticiens ont pu analyser les génomes de plus de 2000 moutons et chèvres dont une dizaine avaient cette particularité. Ils ont constaté que ces derniers avaient tous des mutations affectant le même gène.

Dans ce cas particulier, il apparaît que la fonction du gène architecte HOXD1 est nécessaire pour définir l’étendue d’une surface délimitant, de part et d’autre de la tête, l’endroit où les cornes peuvent pousser.

Lorsque ce gène est muté, les limites de cette surface s’étendent, ce qui aboutit à la scission des bourgeons des cornes au cours du développement embryonnaire et in fine, à la pousse de cornes surnuméraires.

Une nouvelle fonction inattendue

"C’est là une fonction nouvelle et inattendue pour un gène architecte, fonction qui a probablement évolué de façon spécifique avec l’apparition des bovidés, leur permettant ainsi de définir l’endroit précis d’où ces organes si caractéristiques émergent ainsi que leur nombre", explique Denis Duboule, du Département de génétique et évolution de l’Université de Genève (UNIGE), co-responsable de l'étude.

Des chercheurs de l’EPFL et de nombreux centres de recherche sur quatre continents ont contribué à ces travaux publiés dans la revue Molecular Biology and Evolution.

ats/oang

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