Modifié

"Les débris dans l'espace risquent de rendre certaines orbites impraticables"

L'invité de La Matinale (vidéo) - Willy Benz, astrophysicien et membre de la Commission fédérale pour les affaires spatiales (CFAS) [RTS]
L'invité de La Matinale (vidéo) - Willy Benz, astrophysicien et membre de la Commission fédérale pour les affaires spatiales (CFAS) / La Matinale / 13 min. / le 31 décembre 2020
Invité de La Matinale, l'astrophysicien Willy Benz est revenu sur les risques que représentent les débris pour les satellites en fonction, alors que le télescope spatial CHEOPS a failli être heurté par un reste de satellite chinois fin octobre.

Il y a un peu plus d'un an, le 18 décembre 2019, le télescope CHEOPS, en partie conçu en Suisse, était lancé dans l'espace pour mesurer la taille des exoplanètes - ces planète qui tournent autour d'une étoile autre que le Soleil. Ces mesures permettront de mieux comprendre la Terre en comparant les objets entre eux, a expliqué dans La Matinale Willy Benz, astrophysicien et responsable du projet CHEOPS.

La mission aurait toutefois pu se terminer brutalement en octobre dernier. L'équipe du télescope spatial avait dû effectuer une manoeuvre d'évitement à cause d'un débris d'un satellite chinois de la taille d'une brique de lait qui menaçait de le pulvériser.

>> Lire aussi: Le télescope spatial CHEOPS a évité une collision avec un débris spatial

"Des milliers de débris en orbite"

"L'ESA (Agence spatiale européenne, ndlr.) surveille tous les débris en orbite autour de la Terre, et il y en a des milliers, explique Willy Benz. Si l'un d'eux s'approche un peu trop près d'un satellite, l'ESA nous avertit et on a la possibilité de faire une manoeuvre d'évitement. Il y a un petit moteur à bord de CHEOPS qui nous permet de changer l'orbite, et c'est donc ce qu'on a fait."

Cette manoeuvre d'évitement a eu pour mérite de mettre en lumière tous les défis que représentent les restes d'anciennes missions pour les satellites en fonction. "Dans ces orbites où se trouve CHEOPS, qui n'est pas très loin de la Terre - il tourne à environ 700 kilomètres d'altitude - , il y a beaucoup, beaucoup de débris", détaille l'ancien directeur de l'unité de physique de l'Université de Berne.

"La grande crainte est que ces débris entrent en collision entre eux et génèrent encore plus de débris. Après, cela engendrait une sorte de catastrophe en chaîne, et ça rendrait ces orbites impraticables pour les satellites, on aurait de vrais problèmes."

Un satellite-nettoyeur de l'EPFL

La situation n'est cependant pas vouée à se détériorer. Une start-up de l'EPFL, soutenue financièrement par l'ESA, s'est donnée pour mission de nettoyer l'espace.  Sous le nom de ClearSpace, le projet consiste en une sorte de satellite tentaculaire qui attrape les débris et les renvoie vers la Terre, où ils se désintégreront avant d'avoir touché le sol.

>> Lire aussi: L'Europe commande la première mission de nettoyage en orbite

Willy Benz salue évidemment ce projet, et rappelle que de plus en plus de satellites sont aujourd'hui "durables":  "L'idée maintenant c'est de faire attention, ce que fait d'ailleurs CHEOPS, qui a son petit moteur. A la fin de sa vie, on va le désorbiter, le faire revenir sur Terre, et il se consumera dans l'atmoshpère. CHEOPS ne fera pas de débris"

Interview radio: Benjamin Luis

Version web: Antoine Schaub

Publié Modifié