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L'EPFL conçoit un "fil de pêche" pour atteindre les vaisseaux sanguins les plus fins

Le logo de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, EPFL, est visible sur le campus devant le Rolex Learning Center. [FABRICE COFFRINI / AFP - AFP]
L'EPFL conçoit un "fil de pêche" pour atteindre les vaisseaux sanguins les plus fins / Le Journal horaire / 31 sec. / le 22 décembre 2020
Des scientifiques de l'EPFL ont conçu une technique permettant de faire naviguer un appareil électronique, plus petit qu’un cheveu humain, à l'intérieur des vaisseaux sanguins et d'atteindre les artérioles.

Lucio Pancaldi, doctorant, et Selman Sakar, professeur assistant à l'EPFL, ont eu l'idée d'exploiter l'énergie hydrocinétique (énergie mécanique résultant du mouvement des liquides) pour atteindre certains endroits du corps humain sans avoir recours à des méthodes invasives.

"C’est comme si l’on jetait un hameçon de canne à pêche dans une rivière. Il va être transporté par le courant. Il suffit de retenir l’extrémité de l'appareil et de laisser le sang l’entraîner vers les tissus les plus périphériques. Nous faisons tourner doucement l'extrémité magnétique du dispositif aux bifurcations pour choisir un chemin spécifique", explique Lucio Pancaldi.

Comme aucune force mécanique n’est appliquée sur les parois des vaisseaux sanguins, le risque de causer des dommages est faible. Et l'exploitation du flux sanguin pourrait en outre permettre de réduire la durée d'une telle opération de plusieurs heures à quelques minutes. L’activation de l'appareil et la direction magnétique sont contrôlées par ordinateur.

Les chercheurs ont testé leur dispositif à l’intérieur de capillaires artificiels et sur le système vasculaire d'une oreille de lapin. La prochaine étape se réalisera sur des animaux, à l'aide d’un système d'imagerie de pointe. Ces travaux sont publiés dans la revue Nature Communications.

Miniaturisation des techniques

Les médecins peuvent accéder aux artères des patients en poussant et en tournant des fils de guidage, puis en faisant glisser des tubes creux appelés cathéters. Dès que ces dernières rétrécissent, en particulier dans le cerveau, la technique d’avancement montre ses limites.

"La plus grande partie du cerveau reste inaccessible, car les outils existants s’avèrent encombrants, et il est extrêmement difficile de naviguer dans le minuscule et tortueux système vasculaire cérébral sans provoquer de lésions tissulaires", explique Selman Sakar, cité, mardi, dans un communiqué de la haute école lausannoise.

C'est pourquoi les scientifiques du Laboratoire des systèmes microbiorobotiques, en collaboration avec le groupe du Pr Diego Ghezzi, ont conçu un dispositif microscopique qui pourrait s’introduire dans les artérioles, voire les capillaires, avec une vitesse et une facilité sans précédent.

ats/vajo

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