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Un pan de l'Antarctique se désintègre

Le plateau a commencé à se séparer le 28 février dernier. [Keystone]
Le plateau a commencé à se séparer le 28 février dernier. [Keystone]
Un pan de la banquise antarctique grand comme 4x la superficie de Paris se désintègre sous l'effet du réchauffement climatique, a indiqué mardi le Centre national de la neige et de la glace de l'Université du Colorado.

Selon des images satellite, cette désintégration porte déjà sur
un pan de glace de 414 km2 faisant partie du plateau Wilkins et a
commencé le 28 février par le soudain décrochage d'un iceberg de
25,5 km de long sur 2,4 km de large sur le flanc sud-ouest.

Ce mouvement a déclenché la désintégration d'un bloc de 569 km2
du plateau Wilkins, dont 414 km2 ont déjà disparu. Il s'agit de la
plus grande banquise dans l'Antarctique. "Si les glaces continuent
à reculer, cette bande de glace pourrait se désintégrer et nous
perdrions alors probablement la moitié de la banquise de cette
région au cours des prochaines années", a déclaré l'Université du
Colorado.

Une plaque sept fois grande comme Manhattan

Ce plateau, dont la superficie est de 12'950 km2, est
actuellement soutenu par une bande étroite de glace de 5,6 km entre
deux îles. Il s'agit de la plus grande banquise dans l'Antarctique.
Au cours des cinquante dernières années, la partie occidentale de
la péninsule antarctique a enregistré la plus forte augmentation de
température sur le globe, avec une hausse de 0,5 degré Celsius tous
les dix ans.

"Nous pensons que le plateau Wilkins existe depuis quelques
centaines d'années mais l'air chaud et les vagues de l'océan
provoquent sa dislocation", a expliqué un chercheur.

Ces dernières années, la banquise bordant la péninsule antarctique
a connu une dislocation rapide (voir ci-contre).
Selon certaines projections, au rythme actuel (fonte de 3
millimètres par an de 1996 à 2006), les océans pourraient avoir
gagné 1,40 mètre d'ici la fin du siècle.

agences/mej

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Dislocation depuis plusieurs années

Ces dernières années, la banquise bordant la péninsule antarctique a connu une dislocation rapide.

En 1995, le plateau Larsen A, long de 75 km et large de 37 km, s'est décroché puis fragmenté en icebergs dans la mer de Weddel.

Le 19 mars 2002, un satellite de la Nasa observait l'effondrement de Larsen B, d'une surface de 3850 km2 et 200 mètres de haut qui contenait 720 milliards de tonnes de glace.

La fonte accélérée des glaces de l'Antarctique (plus de 13'000 km2 de banquise ont disparu en cinquante ans) pourrait contribuer de façon importante à la montée du niveau des océans.

L'été touchant à sa fin dans l'Antarctique, les scientifiques ne prévoient pas davantage de désintégration dans les prochains mois. David Vaughan, scientifique du British Antarctic Survey ayant participé aux travaux de mesure de la fonte des glaces, souligne que la désintégration du plateau Wilkins n'affectera pas directement le niveau des mers car ce pan de banquise flottait déjà avant de devenir liquide.

"Mais cela est une autre indication de l'impact du changement climatique dans la région", a-t-il commenté.